Pour le Parti des travailleurs, les élections prennent un caractère stratégique lorsqu’elles touchent à des enjeux nationaux décisifs.
Le Parti des Travailleurs (PT) a organisé, hier à Sétif, une rencontre régionale des cadres des wilayas de l’Est du pays. L’événement s’inscrit dans une série de rencontres régionales lancées par le parti en vue de préparer les prochaines échéances électorales — locales et législatives — auxquelles il a décidé de participer après une période d’absence.
Louisa Hanoune a expliqué que « ces rencontres internes visent à lancer un nouvel élan collectif en vue des élections à venir ». Elle a rappelé que le parti connaît une dynamique interne depuis près d’un an, notamment après avoir pris le temps d’analyser la situation nationale et internationale avant de décider de participer aux prochains scrutins.
Pour Louisa Hanoune, la participation du PT ne répond pas à une simple logique tactique. « Les élections prennent un caractère stratégique lorsqu’elles touchent à des enjeux nationaux décisifs », a-t-elle souligné. Elle a mis en garde contre les « risques majeurs » pesant sur le pays dans un contexte international instable, estimant que le parti a la responsabilité de s’adresser directement aux citoyens, de porter leurs préoccupations et de défendre des solutions « exclusivement algériennes ».
Louisa Hanoune a annoncé que le PT a déjà entamé une « pré-campagne » à travers des actions de proximité menées par ses militants : discussions avec les citoyens, écoute des préoccupations locales, mobilisation des bases partisanes. « C’est un droit pour nos militants de se préparer, d’aller vers la population et de débattre. Nous devons être prêts dès la convocation officielle du corps électoral », a-t-elle expliqué.
Une dénonciation de la « légitimation » du plan Trump
La secrétaire générale du Parti a également axé son analyse sur la situation en Palestine, qu’elle décrit comme un « tournant historique pour l’humanité » depuis le 7 octobre 2023. Selon elle, le monde vit depuis ce jour une intensification sans précédent de la barbarie, « issue de la décomposition d’un système capitaliste en crise », dominé par une économie de guerre alimentée par les États-Unis et par une volonté de domination globale. Elle affirme que la stratégie américaine, loin de viser la paix, s’appuie sur l’embrasement des conflits afin de renforcer son industrie de l’armement et de s’emparer des richesses stratégiques de régions entières, citant notamment l’Ukraine, le Moyen-Orient et l’Afrique.
Louisa Hanoune s’est particulièrement attardée sur le rôle de Donald Trump, qu’elle accuse de déstabiliser délibérément les relations internationales au moyen de sanctions économiques, de hausses de taxes et d’ingérences directes dans les crises régionales. Elle considère que le retour de Trump au premier plan politique s’accompagne d’une volonté d’imposer un projet de liquidation totale de la cause palestinienne. Elle a ainsi dénoncé la résolution récemment adoptée au Conseil de sécurité, impulsée selon elle par Trump, visant à légitimer le « plan de reddition politique et militaire et de.nettoyage ethnique » que le peuple palestinien subit depuis plus de soixante-dix ans.
Une reddition politique et militaire.
Pour Louisa Hanoune, ce texte ne contient aucune garantie sérieuse concernant la création d’un État palestinien et se présente au contraire comme une tentative d’imposer au peuple palestinien une reddition politique et militaire. Elle a particulièrement critiqué l’exigence de « démilitarisation de la résistance », qu’elle qualifie de condition inacceptable et dangereuse, puisqu’elle revient à retirer aux Palestiniens leur droit à l’autodéfense face à une occupation militaire systématique. Selon ses mots, demander à la résistance de se désarmer signifie « accélérer l’expulsion d’un peuple entier, officialiser l’occupation totale de Ghaza et sceller l’annexion progressive de la Cisjordanie ».
La dirigeante du PT a rappelé que la tragédie palestinienne est unique dans l’histoire moderne : un peuple déraciné, dispersé en diaspora depuis 1947 et soumis à une colonisation qui s’est aggravée malgré l’opposition des peuples à travers le monde. Elle a souligné que des millions de personnes manifestent aujourd’hui sur tous les continents pour condamner la guerre menée contre Ghaza, même lorsque leurs gouvernements adoptent des positions totalement différentes.
La passivité des Etats arabes
À l’inverse, elle a accusé plusieurs régimes arabes de soutenir implicitement ou ouvertement la politique américaine, en particulier ceux engagés dans la normalisation ou dans des médiations qui conditionnent l’aide à Ghaza au désarmement de la résistance. Elle a également pointé la responsabilité de l’Autorité palestinienne, qu’elle dénonce pour sa passivité face à la colonisation. Pour elle, toute solution durable passe par la reconnaissance du droit du peuple palestinien à la résistance sous toutes ses formes, y compris armée, et par la restauration intégrale de ses droits historiques, du droit au retour à la récupération des terres confisquées.
Enfin, elle a souligné que la défense de la cause palestinienne constitue pour l’Algérie un enjeu stratégique vital. Selon elle, la position constante de l’Algérie n’est pas seulement une question de solidarité internationale, mais relève directement de la protection de la souveraineté nationale, car les projets « américano-sionistes » visant le Moyen-Orient s’étendent également à l’Afrique du Nord et au Sahel.
Islam K.
