Le ministre de l’éducation nationale déplore que plusieurs établissements scolaires privés n’ont pas respecté les obligations prévues par le cahier des charges en vigueur, profitant d’un contrôle insuffisant.
L’enseignement privé ne sera plus un espace de dérives, mais un partenaire encadré du service public de l’éducation, a affirmé le ministre de l’Éducation nationale, Mohammed Seghir Sadaoui, en annonçant une réforme en profondeur du secteur lors d’une séance plénière du Conseil de la nation.
Intervenant devant les membres du Sénat, le ministre a apporté des éclaircissements détaillés sur la situation des écoles privées et les mesures engagées pour améliorer la performance globale du système éducatif national.
Dans son intervention, Sadaoui est revenu sur les graves dysfonctionnements enregistrés depuis 2022 dans l’enseignement privé, une période ayant mis en évidence de nombreux manquements. Selon lui, plusieurs établissements n’ont pas respecté les obligations prévues par le cahier des charges en vigueur, profitant d’un contrôle insuffisant.
Pour certains opérateurs, a-t-il déploré, la création d’écoles privées s’est apparentée à un investissement purement lucratif, ouvrant la voie à des dérives telles que le gonflement des notes, des pratiques frauduleuses, une prise en charge pédagogique défaillante des élèves et une instabilité du corps enseignant.
Un nouveau cahier de charges
Reconnaissant un déficit de suivi à cette période, le ministre a assuré que son département a depuis renforcé les mécanismes de contrôle et de supervision. Cette situation a conduit à la suspension de l’octroi des agréments et à la mise en place d’une commission multisectorielle chargée d’évaluer l’ensemble du dispositif encadrant l’enseignement privé. Les travaux de cette commission ont abouti à l’élaboration d’un nouveau cahier des charges, plus rigoureux et mieux adapté aux évolutions pédagogiques et aux exigences de qualité. Ce texte est actuellement soumis au Secrétariat général du gouvernement, en attente de sa publication officielle.
Le ministre a, par ailleurs, souligné le rôle complémentaire des établissements privés dans l’allègement de la pression exercée sur les écoles publiques, dans un contexte marqué par une croissance continue des effectifs scolaires. Chaque année, près d’un million d’enfants intègrent la première année primaire. Pour l’année scolaire en cours, 1 028 000 enfants âgés de six ans ont été inscrits, a-t-il précisé devant les sénateurs.
La fin du «business éducatif».
Dans cette optique, la reprise de l’octroi des agréments sera strictement conditionnée au respect du nouveau cadre réglementaire ainsi qu’à la carte scolaire nationale, afin d’adapter l’offre éducative aux besoins réels du pays.
Mohammed Seghir Sadaoui a également insisté sur la volonté des pouvoirs publics d’orienter les écoles privées vers des spécialisations d’avenir, conformément aux orientations du président de la République, notamment dans les domaines de l’informatique, de la cybersécurité, des nanosciences et de l’intelligence artificielle.
Un équilibre à maintenir
Abordant le dossier du Baccalauréat, le ministre a assuré que toutes les dispositions ont été prises pour garantir le confort et la sérénité des candidats. En coordination avec plusieurs secteurs, le ministère a œuvré à rapprocher les centres d’examen des élèves. Des structures publiques, telles que les maisons de jeunes, les mosquées et d’autres établissements, ont été mobilisées pour offrir aux candidats des espaces de repos et de révision durant la période des épreuves.
Le ministre a toutefois rappelé que près de 500 000 élèves quittent chaque année le système scolaire, soit après avoir obtenu le Baccalauréat, soit pour s’orienter vers la formation professionnelle ou pour d’autres raisons. Dans le même temps, entre 500 000 et 550 000 nouveaux élèves supplémentaires intègrent annuellement les établissements des trois cycles de l’éducation nationale, ce qui impose la mobilisation de moyens humains, matériels et pédagogiques considérables.
K.Z.
