En 2025, les échanges commerciaux bilatéraux ont reculé de 14,8%, à 9,4 milliards d’euros. Une baisse qui confirme l’érosion de la présence française face à des concurrents comme l’Italie, l’Espagne, la Turquie et la Chine.
La France continue de perdre du terrain en Algérie. D’année en année, le recul se confirme à plusieurs niveaux. Les échanges commerciaux entre les deux pays marquent le pas, sous l’effet notamment de la conjoncture énergétique mondiale, mais aussi d’un essoufflement des exportations françaises face à une concurrence internationale de plus en plus forte.
Longtemps parmi les principaux partenaires commerciaux de l’Algérie, la France est désormais devancée par d’autres pays, qui ont renforcé leur présence sur le marché algérien et misé sur son potentiel économique.
Le trafic maritime et le transport de conteneurs, notamment au départ du port de Marseille, ont également fortement ralenti. Les exportations françaises de blé et de bétail vers l’Algérie ont notamment enregistré un net recul. Cette évolution s’inscrit dans la volonté des autorités algériennes de renforcer la production nationale et de réduire progressivement la dépendance aux importations.
Selon les données de la Direction générale du Trésor française, les échanges commerciaux entre la France et l’Algérie ont enregistré un recul marqué en 2025, à 9,4 milliards d’euros, soit une baisse de 14,8% par rapport à 2024.
Cette contraction s’explique notamment par le recul des exportations algériennes d’hydrocarbures vers la France, qui se sont établies à environ 3,5 milliards d’euros sur une période récente de douze mois. Dans le même temps, les exportations françaises vers l’Algérie ont également diminué dans plusieurs secteurs, notamment celui des céréales.
Cette baisse intervient après plusieurs années de croissance. En 2024, les échanges avaient atteint 11,1 milliards d’euros, malgré un recul de 4,3%, confirmant déjà le ralentissement de la dynamique commerciale bilatérale. Une évolution qui contraste avec la progression des échanges de l’Algérie avec d’autres partenaires, notamment l’Italie, l’Espagne et la Chine.
Selon la plateforme UN Comtrade, les échanges globaux entre les deux pays avaient atteint 12,13 milliards de dollars en 2024, dont 6,92 milliards de dollars d’exportations algériennes vers la France et 5,21 milliards de dollars d’importations. L’Algérie affichait ainsi un excédent commercial de 1,71 milliard de dollars.
Chute des importations d’hydrocarbures
Les importations françaises en provenance d’Algérie ont reculé de 17,1% en 2025 pour s’établir à 5,2 milliards d’euros, contre 6,3 milliards en 2024. Cette baisse est principalement liée au recul des importations d’hydrocarbures, passées de 4,9 à 3,8 milliards d’euros, soit une diminution de 21,8%.
Ces importations d’hydrocarbures se répartissent entre le pétrole, qui représente 57%, et le gaz naturel, à hauteur de 43%.
Malgré ce recul, l’Algérie demeure le quatrième fournisseur d’hydrocarbures de la France. Les produits énergétiques représentent ainsi 89,7% des importations françaises en provenance d’Algérie.
À l’inverse, les importations françaises de produits non énergétiques ont progressé de 8,3% pour atteindre 532 millions d’euros. Cette hausse est notamment portée par les produits chimiques, en progression de 13,6%, principalement les engrais azotés et les gaz industriels.
Les exportations françaises en recul
Les exportations françaises vers l’Algérie ont diminué de 11,8% en 2025, à 4,2 milliards d’euros, contre 4,8 milliards en 2024. Ce recul traduit l’essoufflement de la dynamique commerciale française, notamment dans le secteur agricole.
Le nombre d’entreprises françaises exportatrices aurait également diminué, les PME étant davantage touchées que les grands groupes. La France continue ainsi de perdre des parts de marché au profit de l’Italie, de l’Espagne, de la Turquie et de la Chine, dans un contexte de tensions politiques qui pèse également sur les relations économiques bilatérales.
L’Algérie demeure néanmoins la deuxième destination des exportations françaises en Afrique. Le transport, les industries mécaniques et électriques ainsi que les produits alimentaires figurent parmi les principaux secteurs exportateurs français, malgré un dynamisme désormais en recul.
H. Adryen
