Élargir l’accès des ménages aux crédits à la consommation tout en stimulant le tissu industriel local.
Après la note publiée le 29 juillet, dans laquelle elle demandait aux banques et aux établissements financiers de faciliter l’accès aux produits et services bancaires pour les ménages, la Banque d’Algérie est revenu à la charge en exigeant l’amélioration de l’offre et la facilitation de l’accès aux crédits à la consommation au profit des ménages.
A travers une note officielle publiée dimanche, la Banque d’Algérie a indiqué que «dans le cadre de la promotion du crédit à la consommation et du renforcement de son rôle dans le financement des besoins des ménages, les banques et les établissements financiers sont appelés à intensifier leurs efforts, en vue de favoriser un accès plus large» à ce type de financement, «conformément aux dispositions légales et réglementaires en vigueur», dont notamment «le décret exécutif du 12 mai 2015» qui en fixe les conditions et modalités.
Plus qu’une simple recommandation, la BA a précisé que les banques et les institutions financières doivent s’efforcer de développer davantage leurs offres de crédits à la consommation, tout en veillant à garantir leur accessibilité et leur adéquation aux besoins des clients, ainsi qu’à assurer le traitement des demandes de crédit avec la rapidité et le soin requis, notamment en recourant aux canaux de distribution numériques.
Pour répondre aux attentes des clients, les banques sont désormais appelées à garantir un accès fluide aux offres de financement, à adapter les produits financiers aux réalités socio-économiques des emprunteurs et de réduire significativement les délais de traitement des dossiers de demande de crédit.
Tout en insistant sur la mobilisation des moyens appropriés pour permettre aux clients de mieux bénéficier de ce type de financement, la note, signée du directeur général du crédit et de la réglementation bancaire de la BA, a indiqué que les banques et les institutions financières sont tenues de prendre les mesures nécessaires pour garantir la mise en œuvre des dispositions de la présente note et de veiller à leur application effective, sans délai, au sein de toutes leurs agences.
Un cadre inchangé
La note de l’autorité bancaire et monétaire met la pression sur les banques pour remédier à la faible diffusion du crédit à la consommation, mais n’apporte aucune modification au dispositif déjà en place. Le financement visé reste, ainsi, circonscrit à un périmètre précis.
La note rappelle, d’ailleurs, que ce type de crédit est destiné exclusivement à l’acquisition de biens produits ou assemblés en Algérie, une restriction déjà en vigueur depuis le rétablissement du dispositif en 2015 qui avait précisé que les entreprises ou opérateurs dont les produits sont éligibles au crédit à la consommation sont «ceux qui exercent une activité de production sur le territoire national, produisent ou assemblent des biens destinés à la vente aux particuliers».
En exigeant des banques de faciliter l’accès aux crédits à la consommation au profit des ménages, la BA cherche également à soutenir la production nationale en boostant la demande adressée aux producteurs algériens. En orientant l’épargne bancaire exclusivement vers le marché local, la Banque d’Algérie entend créer un cercle vertueux visant à soutenir la consommation des ménages tout en injectant des liquidités directes dans l’industrie manufacturière algérienne.
Les réglages de la BA
La faible diffusion du crédit à la consommation ne tient pas, exclusivement, à l’absence d’offre commerciale. Plusieurs établissements ont multiplié les initiatives ces derniers mois. Les banques proposent des crédits à la consommation avec des montants financés qui vont généralement de 50 000 DA à 2 000 000 DA.
Il convient, à ce titre, de rappeler que la BA a procédé à de nombreux réglages concernant les seuils des taux d’intérêt.
Selon une récente note officielle de la BA, les taux d’intérêt effectifs moyens appliqués par le secteur au cours du premier semestre 2026 sur les crédits à la consommation s’affichent à un niveau de 9,42%, le seuil fixé comme excessif et que les banques commerciales n’ont pas le droit de franchir, étant plafonné à 9,89% pour le second semestre de l’année en cours.
La révision des taux d’intérêt par la Banque d’Algérie et l’essor de la finance islamique sont autant de facteurs favorisant l’essor du crédit à la consommation.
S. Smati
