Entre diversification des produits, ouverture de nouveaux marchés et renforcement des dispositifs de soutien aux exportateurs, cette évolution confirme la volonté des autorités de consolider une économie plus compétitive et moins dépendante des revenus pétroliers.
La balance commerciale de l’Algérie affiche des signes encourageants de redressement. Selon Houari Abdelatif, directeur central de la promotion des exportations au ministère du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, une hausse de 16% a été enregistrée au premier trimestre de l’année en cours par rapport à la même période en 2025.
Intervenant sur les ondes de la Radio nationale, le responsable a souligné que cette progression constitue un indicateur positif pour les autorités publiques. Elle s’explique notamment par une dynamique soutenue des exportations dans plusieurs secteurs, avec une croissance régulière observée d’un mois à l’autre et d’une année à l’autre.
Une confiance renforcée
Cette tendance, a-t-il précisé, reflète l’efficacité des politiques publiques mises en œuvre pour accompagner les exportateurs et répondre à leurs préoccupations. Cet accompagnement a contribué à instaurer un climat de confiance entre l’administration et les opérateurs économiques, désormais plus enclins à s’engager sur les marchés internationaux.
Houari Abdelatif a insisté sur un changement structurel : l’exportation en Algérie n’est plus un phénomène ponctuel, mais s’inscrit dans une logique durable. Certaines entreprises orientent désormais leur production spécifiquement vers l’export, traduisant une transformation progressive du tissu économique national.
Des rapports internationaux confirment, d’ailleurs, l’amélioration des indicateurs hors hydrocarbures, portée par des mesures incitatives adoptées par les pouvoirs publics.
Dans ce contexte, une opération d’envergure a été lancée le 11 avril depuis la wilaya de TiziOuzou : 35 opérations d’exportation vers 17 pays ont été réalisées simultanément. Coordonnée avec les autorités locales, cette initiative a mobilisé différents modes de transport (maritime, aérien et terrestre) et ciblé des marchés en Europe, en Afrique, dans le monde arabe, en Asie et en Amérique du Nord, notamment les États-Unis et le Canada, ainsi que de nouveaux débouchés en Amérique latine, comme le Mexique, le Pérou, la République dominicaine et le Guatemala.
Qualifiée de «la plus importante du genre», cette opération envoie, selon le responsable, un signal fort quant à la volonté de l’État de faire de l’exportation une priorité stratégique. La supervision directe du ministre du Commerce traduit cet engagement et vise à encourager davantage d’opérateurs à franchir le cap de l’international.
L’Afrique, une priorité stratégique
L’État entend également rassurer les exportateurs, en particulier les nouveaux entrants, en partageant les risques et en facilitant leur accès aux marchés extérieurs. Une attention particulière est accordée au marché africain, considéré comme une profondeur stratégique en raison de sa proximité géographique et des coûts logistiques réduits.
Concernant les produits exportés, la palette s’élargit. Aux matériaux de construction (ciment, céramique) s’ajoutent désormais des produits agroalimentaires, ainsi que des fruits et des légumes très demandés à l’international.
Fait notable, une première opération d’exportation de pièces automobiles, notamment des systèmes de freinage, a été réalisée depuis TiziOuzou vers la Tunisie et la Libye, dans le cadre de contrats conclus lors du Salon du commerce intra-africain organisé en Algérie en septembre dernier.
La wilaya s’illustre également par l’exportation de porcelaine et de céramique vers le Canada, témoignant de la compétitivité et de la conformité des produits algériens aux normes internationales, malgré une concurrence accrue sur les marchés étrangers.
L’agroalimentaire en pleine expansion
Par ailleurs, le secteur agroalimentaire se distingue comme l’un des plus dynamiques. Les produits algériens, notamment les dattes, gagnent en visibilité sur de nouveaux marchés asiatiques tels que l’Indonésie et la Malaisie. Cette percée est soutenue par des mécanismes publics, dont un fonds spécial visant à alléger les coûts de transport.
En conclusion, Houari Abdelatif a mis en avant une prise de conscience croissante des opérateurs économiques quant à la nécessité de diversifier les exportations hors hydrocarbures. Une évolution qui s’inscrit dans une stratégie globale de renforcement de l’économie nationale et de réduction de la dépendance aux ressources énergétiques, tout en multipliant les sources de devises.
I. Khermane
