Dans son dernier rapport sur l’économie mondiale, le Fonds monétaire international a revu à la hausse ses prévisions de croissance économique pour l’Algérie.
Alors que l’économie mondiale subit de plein fouet les soubresauts des tensions géopolitiques, l’Algérie affiche des indicateurs macroéconomiques au vert. Dans son dernier rapport sur l’économie mondiale, publié mardi dernier, le Fonds monétaire international (FMI) a revu à la hausse ses prévisions de croissance économique pour l’Algérie, désormais projetée à 3,8% pour l’année 2026, contre 2,9% anticipés en octobre 2025, soit une progression de 0,9 point.
Selon le FMI, l’économie algérienne devrait croître davantage que la moyenne mondiale. L’institution financière internationale prévoit, pour 2027, une hausse de l’activité économique de 2,9%. Concernant le solde du compte courant (balance des paiements), même s’il reste négatif, il enregistre une nette amélioration, à -1,2 milliard de dollars en 2026, contre -7,7 milliards de dollars en 2025.
Cette performance de l’économie algérienne témoigne d’une résilience notable face aux chocs extérieurs et aux tensions géopolitiques mondiales. Au-delà des chiffres, cette évolution traduit un repositionnement progressif de l’économie nationale, soutenu par le renforcement des équilibres macroéconomiques, la relance de l’investissement et l’accélération des dynamiques sectorielles. Une trajectoire qui hisse l’Algérie parmi les quatre principales puissances économiques du monde arabe et du continent africain.
En effet, selon des prévisions du FMI déjà publiées, le produit intérieur brut (PIB) national, calculé en parité de pouvoir d’achat (PPA), devrait atteindre 915 milliards de dollars en 2026. Le PIB en PPA devrait ensuite atteindre 956 milliards de dollars en 2027, puis 998 milliards en 2028, avant de s’établir à 1 041 milliards de dollars en 2029.
L’exception algérienne
Les prévisions du FMI relatives à l’économie algérienne contrastent avec celles de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) et constituent une exception. Le Fonds monétaire international table sur un net ralentissement de la croissance dans la région en 2026.
Les régions du Moyen-Orient, d’Afrique du Nord et d’Asie centrale sont les plus touchées, avec une croissance divisée par deux. Ce sont des zones directement impliquées dans les conflits au Moyen-Orient, soit parce qu’elles sont au cœur des tensions, soit parce qu’elles dépendent fortement des hydrocarbures.
Selon le FMI, la croissance de la région MENA devrait s’établir à environ 1,1% en 2026, un niveau faible et en nette révision à la baisse. Cette performance reflète l’impact des incertitudes géopolitiques, du ralentissement mondial et des déséquilibres internes persistants.
Dans le monde arabe, les perspectives restent globalement modérées. Les pays du Golfe conservent une croissance positive, mais en ralentissement. L’Arabie saoudite, principale économie de la région, voit sa croissance révisée à 3,1% pour cette année, contre 4,5% précédemment anticipés. Pour les économies diversifiées, le FMI prévoit une évolution comprise entre 2 et 3%, selon leur structure et leur stabilité macroéconomique.
Croissance mondiale en berne
Concernant la croissance mondiale dans sa globalité, le FMI table désormais sur une croissance de 3,1% pour 2026, contre 3,3% initialement anticipés en janvier, invoquant la flambée des prix de l’énergie et les perturbations des chaînes d’approvisionnement causées par les tensions au Moyen-Orient.
L’institution met également en garde contre un risque de récession si le conflit au Moyen-Orient venait à s’aggraver et si les prix du pétrole restaient supérieurs à 100 dollars le baril jusqu’en 2027.Dans le scénario le plus pessimiste (flambée durable des prix du pétrole, du gaz et des produits alimentaires), la croissance mondiale pourrait tomber en dessous de 2% en 2026.
S. Smati
