L’édition 2026 du Djazagro 2026 a ouvert ses portes, hier, au Palais des expositions d’Alger, confirmant son statut de rendez-vous incontournable pour les professionnels de l’industrie agroalimentaire.
Avec plus de 650 exposants issus de plus de 30 pays, l’événement affiche une envergure internationale croissante. La directrice du Salon, Chantal de Lamotte, a salué «la qualité et la diversité des exposants», mettant en avant une forte représentation des secteurs clés. Les équipements dédiés à la mise en conserve et à l’emballage représentent 27% des exposants, suivis des matières premières et ingrédients (15%).
Le secteur de la transformation alimentaire, incluant industries alimentaires et boulangerie, domine avec 38% de participation. Elle a également souligné l’engagement de l’Algérie à soutenir son industrie agroalimentaire, illustré par la présence de pays tels que l’Allemagne, l’Égypte, les Émirats arabes unis, la Chine, la France et les États-Unis.
L’emballage au cœur des enjeux
De son côté, Nabil Boumezrag, directeur du Salon en Algérie, a annoncé la venue attendue de 25 000 visiteurs professionnels, nationaux et internationaux. Selon lui, cette affluence traduit «la montée en puissance de l’expertise algérienne sur l’ensemble de la chaîne de valeur, de la production à l’emballage».
Cette édition met un accent particulier sur le secteur de l’emballage, en pleine mutation sous l’effet des innovations technologiques et des impératifs environnementaux. Des récompenses seront d’ailleurs attribuées aux solutions les plus innovantes, dans une optique de stimulation des échanges et de coopération entre acteurs du secteur.
L’Italie en force
L’un des faits marquants de cette édition reste la forte présence italienne. L’Italie se distingue avec la plus importante délégation étrangère, forte de plus de 100 entreprises, dont une cinquantaine réunies sous l’égide de l’Agence ICE. Cette participation dépasse celles de la Chine, de la France et de la Turquie.
Pour Matteo Gentili, responsable de l’Union des fabricants italiens de machines d’emballage et de conditionnement automatiques (Ucima), cette participation représente «une vitrine de premier plan» pour promouvoir l’excellence technologique italienne. Les chiffres confirment cette position dominante : en 2021, l’Italie a exporté pour plus de 37 millions d’euros de machines d’emballage vers l’Algérie, sur un total d’environ 120 millions d’euros d’importations algériennes dans ce secteur.
Dans un communiqué, le bureau de l’ICE à Alger a rappelé que l’Italie figure parmi les principaux partenaires commerciaux de l’Algérie. En 2024, elle s’est imposée comme leader dans l’exportation de machines pour boulangeries et pâtes, avec près de 20 millions d’euros, soit 40% de parts de marché.
Le pays domine également le segment des équipements d’emballage, avec 36,5 millions d’euros d’exportations, représentant la moitié du marché algérien. Une performance qui illustre la forte demande pour les technologies italiennes dans les domaines de la transformation alimentaire et du conditionnement.
La Turquie renforce ses ambitions économiques
Parmi les autres participants étrangers, la Turquie affiche clairement ses ambitions. Les investisseurs turcs voient en l’Algérie une destination privilégiée pour renforcer l’intégration économique entre les deux pays.
À ce titre, Sabri Tecelli, président du conseil d’administration de la société STK Makina, spécialisée dans les équipements pour l’industrie alimentaire, et notamment la transformation du lait, a souligné la solidité des relations bilatérales, fondées sur «une confiance mutuelle». Il a également insisté sur l’intérêt croissant des investisseurs turcs pour le marché algérien, soutenu par des liens historiques et économiques durables.
Forte de plus de 40 ans d’expérience et présente dans 87 pays, l’entreprise constate une affluence importante au Salon, traduisant l’intérêt grandissant pour l’industrie agroalimentaire en Algérie. Dans la même optique, Mohamed Kirati a évoqué des perspectives prometteuses de partenariat, soutenues par une politique d’encouragement à l’investissement.
Aujourd’hui, plus de 1 500 entreprises turques sont implantées en Algérie, avec des échanges commerciaux appelés à atteindre 4,8 milliards de dollars, confirmant la solidité de cette coopération économique.
Les entreprises algériennes en vitrine
Le Salon constitue également une tribune importante pour les acteurs nationaux. Parmi eux, Général Emballage, leader dans la fabrication et la transformation de carton ondulé, avec une capacité de production de 260 000 tonnes par an, a présenté de nouvelles technologies orientées vers l’exportation, notamment dans le secteur des dattes.
Autre acteur majeur, Polyma Industry, qui couvre près de 60% du marché algérien de l’emballage en plastique rigide, a mis en avant son savoir-faire au service de grandes entreprises locales, confirmant la compétitivité des solutions nationales dans ce segment stratégique.
I. Khermane
