«L’Algérie figure parmi les économies nord-africaines présentant le plus fort potentiel de croissance», affirme le président de l’Ascame, le Dr Josep Santacreu.
Les hommes d’affaires algériens ont été les hôtes de la ville de Barcelone le 20 mai dernier, à l’occasion du 1er Forum d’affaires hispano-algérien, organisé avec le soutien de partenaires de premier plan, à savoir Aresbank, Naturgy, Asicomex Global Partners S.L., Air Algérie et Equipceramic.
Cette manifestation économique, organisée conjointement par l’Association des chambres de commerce et d’industrie de la Méditerranée (Ascame), la Chambre de commerce de Barcelone et le Forum d’affaires algéro-espagnol (F2AE), a enregistré la présence de plus de 80 représentants d’entreprises espagnoles et catalanes. Les secteurs ciblés ont porté sur l’agroalimentaire, l’énergie (gaz), la logistique portuaire et la modernisation industrielle.
L’événement a permis aux participants d’acquérir des connaissances pratiques sur la manière d’aborder l’un des marchés les plus prometteurs d’Afrique. Les organisateurs ont mis à la disposition des hommes d’affaires algériens un espace dédié au réseautage B2B afin d’explorer des partenariats et de nouvelles opportunités commerciales.
Le forum s’est ouvert par un discours du président de l’Ascame, le Dr Josep Santacreu, qui a souligné l’importance stratégique croissante de l’Algérie pour l’Espagne, la région méditerranéenne et le continent africain. Il a affirmé que «l’Algérie figure parmi les économies nord-africaines présentant le plus fort potentiel de croissance, et que ses importantes ressources énergétiques en font un partenaire clé pour le développement des secteurs du gaz et du pétrole dans de nombreux pays méditerranéens, en particulier en Espagne».
Une économie prometteuse
Le Dr Santacreu considère le marché algérien comme un «partenaire clé» et l’une des économies les plus prometteuses de la Méditerranée. Il a également mis l’accent sur les importants projets de modernisation, d’industrialisation et d’ouverture aux investissements étrangers engagés par le pays, ajoutant que «nos entreprises possèdent l’expérience, les connaissances et la capacité d’adaptation nécessaires pour contribuer de manière décisive à ce processus et établir des relations économiques solides, durables et mutuellement bénéfiques».
Il a insisté sur les perspectives offertes par l’économie algérienne et décrit l’Algérie comme un pays disposant d’un «potentiel énorme», soulignant surtout le caractère stratégique de la coopération entre Alger et Madrid, notamment dans le domaine énergétique.
Le responsable espagnol a, par ailleurs, indiqué que cette coopération énergétique avait résisté aux tensions diplomatiques traversées entre mars 2022 et novembre 2023, une période considérée comme l’une des crises les plus graves entre les deux États depuis plusieurs décennies. Durant cette phase de crispation politique, les échanges commerciaux ont connu une chute spectaculaire : les exportations espagnoles vers l’Algérie sont ainsi passées d’environ 2,9 milliards d’euros en 2019 à seulement 332 millions d’euros en 2023.
Malgré cette baisse brutale des échanges, les livraisons de gaz algérien vers l’Espagne n’ont jamais été interrompues. Depuis la normalisation progressive des relations, les indicateurs repartent nettement à la hausse. Au cours du premier semestre 2025, les exportations espagnoles vers l’Algérie ont progressé de
162%, signe d’une reprise soutenue des échanges commerciaux et du retour progressif des entreprises espagnoles sur le marché algérien.
Opportunités commerciales
La première table ronde a porté sur les opportunités commerciales en Algérie. Mme Cristina Olazábal, conseillère économique et commerciale de l’ambassade d’Espagne à Alger, a évoqué «une réorientation du modèle de croissance du pays, qui passe d’une économie axée sur les hydrocarbures à une économie davantage industrialisée, ce qui attirera davantage d’investissements étrangers dans les années à venir».
Le conseiller économique de l’ambassade d’Algérie en Espagne, Djamel Habtiche, a, quant à lui, souligné la solidité des relations économiques bilatérales entre les deux pays dans des secteurs tels que l’agriculture, la pêche, l’agroalimentaire, les énergies renouvelables, le tourisme et l’énergie, indiquant que la priorité de l’Algérie est «de créer de la richesse nationale en favorisant l’industrie locale et les investissements directs étrangers».
Le représentant du Forum d’affaires algéro-espagnol (F2AE) en Espagne, Ismael Martín, a reconnu que la législation algérienne actuelle favorise les investissements industriels et la production nationale, tout en soulignant que pour réussir à pénétrer le marché algérien, il est essentiel de pouvoir compter sur des partenaires locaux capables d’apporter un accompagnement culturel, réglementaire et financier, ainsi qu’une vision stratégique à long terme.
La deuxième table ronde, réunissant des représentants des organisations partenaires du forum, a permis à Eduardo Piedrafita, directeur de la succursale d’Aresbank à Barcelone et responsable du marché algérien, d’affirmer que «l’Algérie est attractive non seulement pour la diversité des opportunités commerciales qu’elle offre, mais aussi en tant que porte d’entrée vers le Maghreb et l’Afrique du Nord».
La directrice nationale chez Asicomex Global Partners S.L., Mme Sabrina Chabour, a souligné que «l’Algérie est un marché qui exige une stratégie, un accompagnement local et une connaissance approfondie du terrain», ajoutant que «le succès ne dépend pas seulement du produit ou du service proposé, mais aussi de la compréhension du fonctionnement de l’écosystème économique local».
Le forum s’est achevé par une table ronde consacrée aux expériences et aux opportunités des entreprises espagnoles en Algérie, avec la participation d’Eduard Mesegué, coprésident de GB Foods, de David Gallardo, directeur des affaires juridiques et institutionnelles, des relations internationales et du développement chez Naturgy, et de Pedro Alonso, directeur pour l’Afrique chez Equipceramic.
S’appuyant sur leurs secteurs respectifs, les intervenants ont tous mis en avant un message commun : l’Algérie offre un potentiel considérable à long terme pour les entreprises espagnoles désireuses d’investir, à condition de bien comprendre le contexte local, de nouer des partenariats fondés sur la confiance et d’adapter leurs stratégies à l’évolution du paysage économique du pays.
H. Adryen
