Le Président de la République a rappelé, à ce titre, que l’Algérie a pris l’initiative d’effacer les dettes de 18 pays africains dans le but d’assouplir le poids de la dette sur ces pays.
Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a souligné l’importance de réformer les organisations financières internationales lors du sommet du G20 à Johannesburg. Dans un discours prononcé par le Premier ministre Sifi Ghrieb, le chef de l’Etat a souligné que ce sommet se tient « dans un contexte où notre monde est aujourd’hui dominé par des défis extrêmement complexes sur les plans politique et économique». Des défis dont «le non-traitement ou la persistance pourraient affecter la cohésion mondiale» et «avoir des répercussions directes et indirectes sur tous les pays, quel que soit leur niveau de développement», a-t-il relevé. Et d’insister sur la nécessité d’une action collective et rapide face aux défis économiques et politiques mondiaux.
Dans ce cadre, le Président Tebboune a rappelé la position de l’Algérie en faveur d’une solution urgente à la question du poids de la dette des pays en développement et les plus pauvres, suggérant l’annulation partielle des dettes ou leur conversion en investissements directs et rentables. «Le problème de la dette ne réside pas seulement dans son montant, mais aussi dans sa complexité technique liée aux politiques d’évaluation des risques par les institutions financières internationales, ce qui rend les services de la dette excessivement lourds pour les économies de ces pays», a-t-il dénoncé.
Réforme des institutions financières
Mettant à profit la tribune du Sommet, le Président Tebboune a également plaidé pour des réformes profondes des institutions financières internationales permettant de mieux évaluer les risques et de soutenir les pays accablés par la dette souveraine. Une révision axée sur «une approche de gouvernance économique et financière responsable». Soulignant le droit de l’Afrique à siéger dans les instances de décision des institutions financières, le Président Tebboune a appelé à des partenariats internationaux dans le domaine de l’énergie verte et à la mobilisation de financements pour soutenir la transition technologique des pays en développement». Cette révision devra, également, tenir compte «du poids démographique et économique croissant de ces pays». Une requête figurant dans l’agenda de toutes les réunions et forums mondiaux, a-t-il rappelé, avant de souligner qu’ «il est temps de franchir des étapes audacieuses pour sa concrétisation».
Nul n’est à l’abri d’une catastrophe
Abdelmadjid Tebboune a, en outre, insisté sur l’importance de mécanismes de financement dédiés à la prévention des risques majeurs et à la réponse rapide aux catastrophes, afin de protéger les populations touchées et d’assurer une coordination internationale efficace. Rappelant que l’Algérie soutient toutes les initiatives visant à accroître le financement de la prévention des risques majeurs et de la réponse rapide aux catastrophes, il a mis en avant le fait que « l’expérience nous a appris qu’aucun pays n’est à l’abri d’une catastrophe. Les institutions financières internationales doivent prévoir des mécanismes de financement activables dès qu’un pays en a besoin». A cet égard, il a sommé les institutions financières et les banques internationales «à réfléchir à un mécanisme de financement spécifique à la réponse rapide aux catastrophes, qui pourrait être activé lorsque l’un des pays touchés en fait la demande».
Lutte contre les flux financiers illégaux
Autres priorités soulignées par Abdelmadjid Tebboune : la lutte contre les flux financiers illégaux provenant du continent africain et l’exploitation équitable des ressources minérales pour le développement des pays africains. « Ces ressources se trouvent sur le sol africain et appartiennent avant tout aux Africains », a-t-il dit. Auparavant, le chef de l’Etat s’est félicité de l’adhésion de l’Union africaine au G20. «Nous sommes convaincus que cette adhésion contribuera à défendre les intérêts du continent africain dans les forums internationaux et permettra au monde et aux pays les plus avancés de mieux comprendre la vision de l’Afrique sur les questions économiques internationales, notamment le financement du développement, l’accès aux marchés mondiaux et le transfert de technologies», a-t-il insisté.
Pour le Président Tebboune, le partenariat «gagnant entre l’Afrique et le G20 trouvera sa place naturelle dans la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF)», qui «revêt pour les pays africains une importance particulière pour le développement de l’intégration et de la coopération régionales, et pour la promotion d’une croissance inclusive et durable du continent».
L’Afrique, au centre des priorités de l’Algérie
Le Président Tebboune a réaffirmé l’importance de l’Afrique au cœur de la diplomatie et du développement de l’Algérie. Notant que le continent fait face à des défis majeurs, tels que la pauvreté, le chômage, les dettes lourdes et les crises climatiques, il a souligné que «la stabilité de l’Afrique est essentielle pour la stabilité mondiale». tout en appelant « à une action internationale concrète, loin des promesses éphémères». Et de rappeler les initiatives de l’Algérie en faveur du développement africain, notamment l’effacement de la dette de 18 pays. Dans ce sens, il a relevé que « l’Algérie n’a jamais hésité à tendre la main aux pays du Sahel africain, dans le cadre de la coordination régionale et internationale, par le biais de l’Agence algérienne de coopération et de solidarité internationale, à travers des projets de développement pour lesquels notre pays a alloué un budget conséquent»
Pour l’Algérie, le développement du continent n’est pas seulement l’affaire de ses dirigeants, mais une responsabilité collective nécessitant solidarité et partenariats stratégiques.
L’engagement en faveur de la Palestine
Rappelant que « le monde a été témoin, pendant deux années consécutives, des atrocités commises contre les Palestiniens à Gaza et en Cisjordanie, que l’on ne peut qualifier autrement que de génocide complet et systématique contre le peuple palestinien, face auxquelles l’humanité est restée impuissante, malgré les nombreuses réunions du Conseil de sécurité et les condamnations internationale», le Président Tebboune a salué «le rôle important joué par le Secrétaire général des Nations Unies et par les pays épris de paix pour mettre fin au génocide à Gaza».
Il a, également, tenu à remercier «spécialement le Président des États-Unis, Donald Trump, l’Émir du Qatar, Cheikh Tamim ben Hamad Al Thani, le président de la République d’Égypte, Abdel Fattah al-Sissi, et le président de la Turquie, Recep Tayyip Erdoğan, pour leurs efforts constants ayant permis de mettre fin à ce massacre collectif». Néanmoins, le chef de l’Etat a tenu à souligner que « la destruction massive à Gaza nécessite la mobilisation de ressources au niveau international pour reconstruire ce qui a été détruit et redonner espoir au peuple palestinien meurtri». Dans ce cadre, le Président Tebboune a exhorté les pays du G20 «a être les premiers à lancer une mobilisation générale pour construire un avenir meilleur pour le peuple palestinien» tout en renouvelant l’engagement total de l’Algérie à soutenir «toute initiative que le G20 pourrait entreprendre à cet égard».
Synthèse Badis B.
