Parmi les étapes marquantes de son parcours politique, figure sa décision d’organiser l’élection présidentielle anticipée en 1999, mettant, ainsi, un terme à son mandat.
L’Algérie a perdu l’une de ses grandes figures historiques avec la disparition de l’ancien président de la République, le moudjahid Liamine Zeroual, survenue samedi soir à l’âge de 84 ans. L’annonce a été faite par la présidence de la République, précisant que le défunt est décédé des suites d’une longue maladie à l’hôpital militaire Mohamed Seghir Nekkache à Alger.
Cette disparition a profondément marqué le pays, en raison de la place essentielle qu’occupait Liamine Zeroual dans l’histoire de l’Algérie, depuis sa participation à la guerre de Libération jusqu’à sa gestion du pays durant la décennie noire.
Un héritage indélébile
Né à Batna le 3 juillet 1941, Zeroual s’engage dans les rangs de l’Armée de libération nationale (ALN) à l’âge de 16 ans et participe activement à la guerre de Libération contre le colonialisme français. Sa bravoure durant la Révolution lui vaut l’admiration de ses pairs. Après l’indépendance de l’Algérie en 1962, il s’impose comme une personnalité incontournable au sein de l’Armée nationale populaire (ANP).
Fort d’une formation militaire de haut niveau, il occupe plusieurs fonctions stratégiques, notamment à l’École militaire de Batna et à l’Académie militaire de Cherchell. Il dirige également plusieurs régions militaires avant d’être nommé commandant des forces terrestres en 1989, un poste qui marque son ascension au sommet de l’ANP.
Un Président en temps de crise
En 1994, à la suite de la démission du président Chadli Bendjedid, Liamine Zeroual est désigné chef de l’État par le Haut-Conseil d’État, une institution mise en place pour gérer la transition. À cette époque, l’Algérie traversait une grave crise économique et sécuritaire, marquée par la violence des groupes terroristes.
Zeroual parvient à instaurer une transition politique tout en tentant de restaurer la paix et la stabilité dans le pays.
Élu en 1995, il est élu président de la République avec pour priorité la stabilisation du pays après une décennie de violences. Son mandat est marqué par d’importantes réformes politiques et économiques visant à restaurer l’ordre et la cohésion nationale. Parallèlement, il fait face à la menace des groupes terroristes tout en évitant de sombrer dans un autoritarisme excessif. Sa décision d’organiser une élection présidentielle anticipée en 1999 marque la fin d’une période tumultueuse pour l’Algérie.
La fin d’une époque
Zeroual choisit de se retirer de la vie politique et de mener une existence discrète dans sa ville natale de Batna, loin des feux de la rampe. Ce choix reflète son caractère humble et sa vision du pouvoir, éloignée des jeux politiques et des ambitions personnelles.
Un dernier hommage national
Le décès de Liamine Zeroual a suscité une vague d’émotion à travers le pays. De nombreuses personnalités politiques, militaires ainsi que des citoyens se sont réunis pour lui rendre hommage.
Le président actuel, Abdelmadjid Tebboune, accompagné du général Saïd Chanegriha, a pris part aux cérémonies de recueillement, tant à l’hôpital militaire qu’au Palais du peuple à Alger. Des centaines de citoyens, venus de toutes les régions du pays, ont défilé pour saluer la mémoire de cet homme d’État. Un hommage populaire lui a été rendu, et des registres de condoléances ont été signés en sa mémoire.
La dépouille de l’ancien président sera inhumé, aujourd’hui, après la prière du Dohr, à Batna, dans la plus grande simplicité, fidèle à la discrétion qui a marqué sa vie après sa présidence.
Un héritage politique et historique
Liamine Zeroual restera dans les mémoires comme une figure centrale de l’Algérie moderne. Son héritage est celui d’un homme profondément attaché à l’indépendance de son pays, soucieux de préserver sa souveraineté et de gérer les crises internes avec rigueur et pragmatisme.
Aujourd’hui, l’Algérie se souvient de lui avec respect et gratitude : un homme qui a placé l’honneur de la nation au-dessus de tout, et dont la rigueur dans l’exercice du pouvoir demeure un modèle de responsabilité politique.
Assia M.
