Critiquer la diplomatie algérienne, qui s’est avérée être l’une des plus grandes écoles diplomatiques arabes, relève d’une naïveté lin d’être innocente.
Par l’écrivain Amr Abu Shabab
Certains ignorants et mercenaires, adorateurs de partis qui ne connaissent ni la signification du patriotisme ni les exigences de l’héritage commun de la nation, se sont pris à l’État algérien en raison de sa position au Conseil de sécurité, où elle a voté en faveur de la résolution internationale visant à consolider l’accord de cessation de la guerre d’extermination et de déplacement. Il s’agit d’une position algérienne sage, fondée sur un sens des responsabilités et un réalisme politique inconnus des marchands de slogans et de dons.
Critiquer la diplomatie algérienne, qui s’est avérée être l’une des plus grandes écoles diplomatiques arabes, relève d’une naïveté lin d’être innocente. En effet, le comportement mesuré de la diplomatie algérienne est reconnu aussi bien par les amis que par les adversaires. Depuis que l’Algérie a permis au président martyr Yasser Arafat de prononcer, en 174, un discours historique devant l’Assemblée générale des Nations unies – « Aujourd’hui, je suis venu porteur d’un rameau d’olivier et d’un fusil de combattant de la liberté. Ne laissez pas le rameau d’olivier tomber de ma main. Je le répète : ne le laissez pas tomber de ma main» -les diplomates algériens n’ont ménagé aucun effort pour soutenir la Palestine au niveau des instances internationales, régionales et lors de nombreuses rencontres bilatérales.
De plus, durant deux années de guerre d’extermination, de famine et de déplacement, la voix de l’Algérie est restée forte en soutien au droit palestinien et en faveur de la cessation du massacre atroce qui a coûté la vie à plus de 100 Palestiniens par jour pendant plus de deux ans d’agression, une situation sans précédent dans l’histoire contemporaine.
La position algérienne au Conseil de sécurité émanait d’une vision équilibrée, consciente des détails complexes du conflit, et d’un sens des responsabilités en tant que représentante du groupe arabe. Elle se concentrait essentiellement sur l’arrêt de l’effusion de sang en consolidant un cessez-le-feu permanent et complet dans la bande de Gaza, en accélérant l’apport de l’aide humanitaire sans entraves afin de garantir le retour à la vie normale, en empêchant les déplacements, en assurant le retrait complet des forces d’occupation et en soutenant la reconstruction — sans oublier de rappeler la solution à deux États comme cadre politique global pour mettre fin aux souffrances du peuple palestinien.
Il est étonnant que les critiques de la position algérienne au Conseil de sécurité aient ignoré le fait que la résolution s’appuyait dans son ensemble sur le plan du président américain Donald Trump, accepté par toutes les factions palestiniennes après deux années durant lesquelles ont été manquées de nombreuses occasions qui auraient pu arrêter l’agression sanglante et ôter à Israël les prétextes pour la poursuivre. Les empreintes de l’Algérie sont d’ailleurs évidentes dans les modifications essentielles apportées au texte de la résolution, afin qu’elle ne contredise pas les précédentes résolutions onusiennes reconnaissant les droits palestiniens et la Déclaration de New York qui protège la solution à deux États.
Il semble que les idiots de la politique, les partisans des intérêts élargis et de la vision étriquée ne souhaitent ni voir cette guerre cesser, ni permettre au peuple palestinien d’échapper à la vengeance du gouvernement d’extrême droite israélien, libre de poursuivre son agression, de tuer les enfants, de briser la jeunesse, de détruire maisons, écoles et mosquées. Ils préfèrent que s’étendent le sang, la douleur et l’oppression, pour que la cause reste un terrain de chaos, de populisme abject et un dossier brûlant pour les marchands de guerre.
Tout notre gratitude à l’Algérie qui a répondu au souhait de la majorité des Palestiniens de Ghaza, lesquels ont besoin d’un arrêt de la guerre et de l’ouverture d’une porte vers l’aide et l’espoir, afin que nourriture, médicaments et protection contre le froid de l’hiver puissent entrer. L’Algérie a aussi contribué à contraindre les forces d’occupation à se retirer de la moitié du territoire dévasté de la bande de Ghaza grâce à une résolution internationale. Assurément, l’Algérie a la vision, mais la nation manque de moyens ; et la conscience algérienne ne sera apaisée qu’avec l’établissement de l’État palestinien proclamé depuis la terre d’Algérie.
Mais le monde est borgne, le consensus arabe est boiteux, le rapport de force est déséquilibré, et la souffrance du peuple palestinien immense. Dans ces conditions, rien n’est possible de mieux que d’arrêter le massacre et de protéger la vie des patients résistants dans les tentes de Gaza.
Traduit par la Rédaction
