Le fondateur de Wikipédia face aux géants de la tech : Jimmy Wales : «Je n’ai pas peur d’ElonMusk»
Dans un long entretien accordé à Society, Jimmy Wales, le créateur de Wikipédia, revient sur son parcours, sa vision d’Internet et son rapport aux figures dominantes de la tech, dont ElonMusk.
Fondateur d’une encyclopédie libre et collaborative, il se présente comme un optimiste convaincu que la technologie peut servir le bien commun.
Interrogé sur la montée des discours de haine en ligne, notamment sur X (ex-Twitter), Wales relativise : la radicalisation politique ne concerne selon lui qu’une minorité, même si le vacarme des réseaux sociaux donne l’impression d’une colère généralisée. Pour lui, Wikipédia continue de fonctionner grâce à des bénévoles passionnés qui garantissent la qualité des articles et défendent la gratuité comme un principe fondamental. «En 2025, ce qui paraît le plus radical, c’est que Wikipédia soit encore gratuit», souligne-t-il.
Le pionnier d’Internet s’inquiète toutefois des risques liés à l’intelligence artificielle : les réponses des IA, fausses mais plausibles, peuvent devenir dangereuses car elles paraissent crédibles. Il insiste sur l’importance de la vérification des sources, valeur cardinale de Wikipédia.
Concernant ElonMusk, Wales ne cache pas son scepticisme. Après l’offre médiatisée d’un milliard de dollars pour Wikipédia, suivie d’attaques publiques de Musk en 2023 et 2025, il répond avec ironie : «Pas à vendre». S’il reconnaît l’influence du patron de Tesla et X, il refuse de voir en lui une menace. «Je n’ai pas peur d’ElonMusk», affirme-t-il, convaincu que la force de Wikipédia réside dans sa communauté.
Enfin, Wales confie sa conviction que, dans 500 ans, l’encyclopédie libre sera vue comme l’une des rares grandes réalisations positives d’une époque marquée par de nombreux travers. (Society).
Débat récurrent sur les privilèges politiques : Anciens dirigeants français : des avantages coûteux pour l’État
Dans son édition du 28 septembre au 2 octobre 2025, Nouvelles Semaine revient sur la polémique liée aux privilèges accordés aux anciens présidents de la République française et Premiers ministres français. Alors que 15% de la population vit sous le seuil de pauvreté, ces avantages sont perçus comme un contraste choquant avec les politiques d’austérité imposées au reste du pays.
Selon le décret du 20 septembre 2019, les ex-présidents bénéficient d’une dotation annuelle de 65 000 euros, de collaborateurs, de bureaux, de logements de fonction et de personnels de service. En 2023, les avantages de Nicolas Sarkozy et François Hollande coûtaient chacun environ 1,32 million d’euros hors sécurité. Pour les anciens Premiers ministres, la facture est également élevée : 201 387 € pour Bernard Cazeneuve, 197 540 € pour Dominique de Villepin, 167 467 € pour Jean-Pierre Raffarin.
Le ministre Sébastien Lecornu a annoncé une réduction de ces avantages dès janvier 2026, mais l’impact budgétaire restera limité (0,01% des économies attendues). Pour Nouvelles Semaine, la mesure revêt surtout une portée symbolique, traduisant un mécontentement populaire face à des privilèges jugés disproportionnés dans un contexte social tendu.
Convergences idéologiques et économiques : RN et Medef : l’alliance contre les immigrés
Dans un article publié par Politis (25 septembre 2025), Pierre Jacquemain analyse les convergences entre le Rassemblement national français (RN) et le Medef sur la question migratoire. Si leurs registres diffèrent — l’un sécuritaire et identitaire, l’autre économique et compétitif — leurs positions se rejoignent sur une logique d’«immigration choisie», utile, précaire et jetable. Le patronat cherche à répondre aux besoins de main-d’œuvre dans les secteurs en tension (BTP, agriculture, restauration), tandis que le RN tolère une immigration réduite et soumise à de strictes conditions. Ensemble, ces orientations nourrissent une exploitation organisée : sous-traitance, travailleurs invisibles, droits sociaux restreints, regroupement familial limité.
Ce consensus implicite sépare les «bons immigrés», productifs et dociles, des «mauvais», assistés et indésirables.
Selon Politis, il en résulte une société à deux vitesses où les immigrés sont indispensables mais exclus, présents mais invisibles.
Syrie post-guerre : tribus, pouvoir et recomposition : Les clans de l’Euphrate, pivots d’une Syrie en quête d’unité
Dans sa dernière livraison de septembre, Le Point consacre un long reportage à la région de Deir ez-Zor, au cœur de l’Euphrate, devenue le symbole de la fragmentation syrienne après plus de dix ans de guerre. La ville, détruite à 80% par les bombardements, reste partagée entre l’armée syrienne et les Forces démocratiques syriennes (FDS) à dominante kurde. Le fleuve agit comme une frontière de facto entre deux entités où habitants et travailleurs franchissent chaque jour des checkpoints militarisés pour survivre.
Dans ce paysage éclaté, les tribus apparaissent comme des acteurs déterminants de l’avenir politique du pays. Plusieurs chefs tribaux, tels que le cheikh Abdul Karim Dendal (tribu Agéat) ou les frères Farhan et Khalifa al-Marsoumi, revendiquent une place centrale dans la reconstruction et la stabilisation. «90% de la Syrie est dirigée par les tribus : le pouvoir doit composer avec nous», affirme le cheikh Dendal, à la tête de 250 000 membres.
Ces clans, longtemps écrasés par le régime Assad, sont désormais courtisés tant par Damas que par les Kurdes, chacun espérant les rallier pour consolider son contrôle.
La question tribale est indissociable du dossier politique syrien. Le processus électoral engagé à Damas – avec la formation d’un Parlement de transition chargé de rédiger une nouvelle Constitution – reste incomplet, faute de conditions sécuritaires dans les zones kurdes et druzes. Les tribus, elles, insistent sur leur rôle d’«État dans l’État», capables d’imposer leur solidarité, leur justice traditionnelle et leurs propres institutions. «Le pouvoir des tribus tient dans notre unité», souligne Khalifa al-Marsoumi, ancrant son autorité dans un riche réseau familial allant jusqu’au Golfe et à l’Europe.
Mais l’obstacle majeur à l’unification demeure le Rojava, entité kurde autonome qui contrôle près de 30% du territoire et refuse pour l’instant de se fondre dans une Syrie centralisée. Proches du PKK, les forces kurdes défendent un modèle de «confédéralisme démocratique», incompatible avec la vision d’Ahmed al-Chareh, président de transition, qui souhaite un État fort et centralisé.
La conjoncture rend ce dossier brûlant : Washington pousse à un accord entre FDS et Damas, tandis que la Turquie et les Émirats suivent de près l’évolution de la scène tribale. Entre pressions régionales, négociations bloquées et divisions internes, la reconstruction syrienne reste suspendue à un équilibre fragile où les tribus pourraient bien jouer le rôle d’arbitres.
Islamisme, gauche radicale et fractures françaises : «Marianne» accuse LFI de complaisance avec les islamistes
Dans un long dossier publié le 25 septembre 2025, l’hebdomadaire Marianne consacre une enquête à ce qu’il décrit comme la dérive de La France insoumise (LFI) vers une complaisance assumée avec certains acteurs islamistes ou «islamo-gauchistes». Le journal met en avant la proximité de figures de LFI avec des militants présentés comme radicaux, tels que le prédicateur salafiste Elias d’Imzalène, l’eurodéputée Rima Hassan ou encore des activistes pro-palestiniens comme Ramy Shaath et Salah Hamouri.
Le dossier reproche au parti de Jean-Luc Mélenchon d’avoir progressivement abandonné la référence à l’universalisme républicain pour adopter une ligne intersectionnelle et multiculturelle, analysée dans le récent ouvrage collectif Nouveau peuple, nouvelle gauche publié par l’Institut La Boétie. Marianne y voit une rupture doctrinale majeure, où la cause palestinienne devient centrale, instrumentalisée à des fins électorales et transformée en clé d’un discours «décolonial».
L’enquête s’articule en plusieurs «actes» : le poids des manifestations pro-palestiniennes, le discours victimaire de Rima Hassan, la récupération du conflit israélo-palestinien dans les universités françaises, le rôle de médias comme Al Jazeera et enfin les ambiguïtés de Mélenchon, oscillant entre dénonciation de l’antisémitisme et tolérance envers des alliés sulfureux. Le journal souligne que ces alliances fragiliseraient la cohésion nationale en important le conflit israélo-palestinien en France, au risque d’attiser les tensions entre Arabes et Juifs.
La conjoncture de ce dossier est marquée par l’approche du deuxième anniversaire du 7 octobre 2023, date de l’attaque du Hamas, et par la multiplication des manifestations pro-palestiniennes en Europe. Dans ce climat, Marianne alerte sur un basculement idéologique de LFI qui, selon l’hebdomadaire, substitue à l’héritage républicain un discours de fracture identitaire.
L’hebdomadaire dresse le portrait d’une gauche insoumise happée par une «galaxie islamo-gauchiste», au détriment du projet d’unité nationale française.
R.C
