Une note officielle a révélé un scandale concernant des postes fictifs au sein des universités algériennes.
Un scandale relatif à la création de postes fictifs au sein des universités algériennes vient d’être révélé par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Une procédure qualifiée par le même ministère de «dépassements illégaux gaspillant l’argent public».
Dans une note, 2025/N° 1104/A.C et datée du 11 novembre 2025, le secrétaire général du ministère, Toufik Guendouzi, déplore l’existence de cette pratique illégale. «J’ai constaté que certains établissements d’enseignement supérieur, notamment des universités, créent des postes non prévus par la réglementation administrative en vigueur». Parmi les exemples les plus marquants cités dans le document figurent les postes de « chef de service », de « chargé de mission » et de « conseiller »», mentionne-t-il. Pire, certaines «délivrent également des documents officiels mentionnant ces « postes » qui n’ont aucune existence légale». Selon la correspondance, cette procédure se poursuivait en dépit des «instructions précédemment données à ce sujet».
Un acte illégal délibéré
Ce qui laisse entendre une négligence administrative délibérée parmi les directeurs des établissements universitaires. Un acte, qu’il qualifie d’ «illégal». Dans ce contexte, ces dépassements constituent, selon le texte du ministère, une double infraction,outre le fait qu’il «viole les cadres juridiques et réglementaires applicables» et « porte également atteinte à la réputation de l’établissement d’enseignement supérieur et perturbe son fonctionnement normal, sans parler du fait qu’il fait l’objet d’observations de la part de divers organismes de contrôle». Aussi, a-t-il tenu à rappeler que «l’organisation administrative de l’établissement d’enseignement supérieur est régie exclusivement par des décisions ministérielles conjointes qui réglementent la liste des structures et des intérêts qui composent chaque établissement et ses unités».
En conséquence, et conformément aux instructions mentionnées dans la note, le Secrétaire général du ministère exhorte les directeurs des établissements universitaires à s’abstenir d’affecter un employé à un « poste » ou à une « tâche » non prévue par l’organisation administrative de l’établissement et «de limiter vos fonctions aux structures et départements légalement établis».
D’ou vient l’argent?
La question qui s’impose d’elle-même : est de savoir d’où vient l’argent, sachant que tout poste budgétaire est assujetti à une enveloppe financière? D’autant que l’affectation d’enveloppes financières à de tels postes fictifs doit être justifiée par le versement de salaires, d’allocations et d’avantages à des employés nommés dans des structures qui n’existent pas dans le schéma organisationnel approuvé. Cette procédure constitue en fait un acte de gaspillage de l’argent public. Ce qui soulève de sérieuses questions sur le contrôle financier et administratif au sein du campus universitaire, d’autant plus que le ministère a indiqué que ces pratiques ont fait « l’objet d’observations de la part de divers organismes de contrôle».
Le ministère va-t-il ouvrir des enquêtes ?
La reconnaissance officielle de l’existence d’observations de contrôle dans de telles institutions gouvernementales confirme que la question a dépassé le simple dysfonctionnement administratif pour devenir un dossier ouvert aux autorités gouvernementales. La correspondance du ministère a également mentionné la mise en place d’un délai et a averti d’un «suivi et d’une évaluation» pour mettre fin à ce «chaos». Ce qui laisse la porte ouverte à des poursuites administratives et légales contre les directeurs des universités ayant permis ces dépassements.
Monnaie courante
Apparemment, cette pratique est devenue, en l’absence de contrôle, monnaie courante. En effet, en décembre 2020, l’hôpital Bachir Mentouri de Kouba avait été secoué par un même similaire. Une enquête des services centraux avait permis de mettre au jour de nombreuses anomalies au sein de l’institution hospitalière. Une femme médecin se trouvant à l’étranger avait continué à percevoir ses salaires et indemnités le plus normalement du monde pendant 18 mois, y compris ses primes dont celle du covid.
En conséquence, il a été décidé de mettre fin aux fonctions de la femme médecin et de plusieurs responsables de l’hôpital, dont le DG, la responsable du service des urgences, le directeur des ressources humaines. Tandis que la concernée devait restituer la totalité des sommes indûment perçues.
Badis B.
