Plusieurs fois modifiée lors de négociations sensibles, la résolution, endossant le plan de paix de Donald Trump à Ghaza, a été validée, lundi soir, par le Conseil de sécurité de l’ONU. L’Algérie et 12 pays des quinze membres du Conseil se sont prononcés en faveur de la résolution. La Chine et la Russie se sont abstenues.
Au cours de la session, le représentant permanent de l’Algérie auprès des Nations Unies, Amar Bendjamaa, a réaffirmé la position constante de l’Algérie et souligné les impératifs pour parvenir à une paix juste et durable. Il a indiqué que le texte adopté par le Conseil de sécurité vise à «mettre en œuvre le plan global soutenu par l’ensemble des parties», expliquant que la résolution rejette clairement l’annexion, l’occupation et le déplacement forcé. Elle reflète la doctrine des Nations Unies en matière de résolution des conflits et soutient le maintien du cessez-le-feu et le droit du peuple palestinien à l’autodétermination.
En effet, contrairement aux premières versions du texte, l’éventualité d’un Etat palestinien est mentionnée. Après la réforme de l’Autorité palestinienne, «les conditions pourraient finalement être en place pour tracer un chemin crédible vers une autodétermination palestinienne et un statut d’Etat», souligne le texte. Le diplomate a précisé que l’Algérie avait négocié ce projet de résolution au nom du groupe arabe, en coordination étroite avec les représentants palestiniens. «Nous avons proposé des amendements jugés essentiels pour garantir l’équilibre et l’équité du texte», a-t-il indiqué, soulignant que certaines de ces propositions ont été retenues. Il a rappelé que la paix véritable au Moyen-Orient demeure impossible en l’absence de justice pour le peuple palestinien, lequel attend depuis des décennies de pouvoir établir son Etat indépendant. Il a, enfin, appelé la communauté internationale à faire preuve d’une ferme volonté à résoudre la question palestinienne, avec l’extension des mesures de protection internationales à la Cisjordanie.
Les contours du plan
Dans le détail, la résolution donne mandat jusqu’au 31 décembre 2027 à un «Comité de la paix», organe de «gouvernance de transition» jusqu’à la réforme de l’Autorité palestinienne. Ce comité doit être présidé par Donald Trump. Le texte «autorise» aussi une «force de stabilisation internationale» (ISF) chargée notamment de la sécurisation des frontières avec l’Etat sioniste et l’Egypte, de la démilitarisation de Ghaza, du désarmement «des groupes armés non étatiques», de la protection des civils et de la formation d’une police palestinienne. Pour Stéphane Dujarric, le porte-parole du secrétaire général de l’ONU, l’adoption de cette résolution constitue «une étape importante dans la consolidation du cessez-le-feu» à Ghaza, ravagée par deux années de guerre.
Réserves du Hamas
Si du côté de l’Autorité palestinienne, l’heure est au satisfecit, appelant même à la nécessité d’appliquer immédiatement la résolution de l’ONU, le Hamas, pour sa part, a estimé que le texte, soutenu par l’Autorité palestinienne, «ne répondait pas aux exigences et aux droits politiques et humains» des Palestiniens. Il «impose un mécanisme de tutelle internationale sur la bande de Ghaza, ce que notre peuple, ses forces et ses composantes rejettent», écrit le mouvement.
Entêtement sioniste
L’éventualité d’un Etat palestinien, évoquée dans la résolution ne semble pas plaire à l’Etat sioniste. Certes, le Premier ministre sioniste, Benyamin Netanyahou, a salué le plan de paix du président américain pour Ghaza. Cependant, il ne s’est pas privé d’affirmer que son «opposition à un Etat palestinien sur quelque territoire que ce soit n’a pas changé». L’aile droite de son gouvernement a dénoncé un «risque stratégique majeur», arguant que la simple mention d’un «chemin vers un Etat palestinien» pourrait devenir l’élément déclencheur d’une dynamique politique difficile à enrayer.
S.S.
