Organisée par le FMI, la conférence met en lumière les réformes algériennes et la volonté de faire du pays un pivot de l’intégration nord-africaine.
L’Algérie abrite, depuis ce matin, la Conférence sur le développement en Afrique du Nord, organisée en partenariat avec la Banque d’Algérie. L’événement se déroule au Centre international de conférences Abdelatif Rahal, sous le thème «Afrique du Nord : relier les continents, créer des opportunités».
Cette rencontre régionale vise à explorer les pistes d’une intégration économique plus profonde entre l’Afrique du Nord, l’Europe et l’Afrique subsaharienne, dans un contexte marqué par des tensions géopolitiques croissantes.
La conférence est coprésidée par Kristalina Georgieva, directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Mouatassem Boudiaf, gouverneur par intérim de la Banque d’Algérie, et Sifi Ghrieb, Premier ministre algérien. Elle réunit des responsables publics, des chefs d’entreprise et des représentants d’institutions financières internationales autour de thèmes clés : commerce, coopération énergétique et construction de chaînes de valeur régionales.
Dans une interview accordée à l’APS à la veille de sa participation, Kristalina Georgieva a souligné que l’intégration régionale est une réponse aux risques géopolitiques.
«Dans un monde où les risques géopolitiques s’intensifient, une intégration régionale approfondie peut aider les pays à renforcer leur résilience et à réaliser une croissance plus durable et diversifiée», a-t-elle affirmé.
Des intervenants de haut niveau
Parmi les personnalités attendues, figurent notamment Jihad Azour, directeur du département du Moyen-Orient et de l’Asie centrale, FMI, Rania Al-Mashat, ministre de la Planification, du Développement économique et de la Coopération internationale de l’Égypte, Emmanuel Mbarga, conseiller régional, Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), Gilberto Pichetto Fratin, ministre de l’Environnement et de la Sécurité énergétique de l’Italie, Vera Daves de Sousa, ministre des Finances de l’Angola, présidente de l’Union africaine, et Jean Claude Kassi Brou, gouverneur de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest.
L’intégration économique
L’intégration économique est présentée comme une condition indispensable pour exploiter le potentiel de la région. Selon le FMI et la Banque d’Algérie, l’approfondissement des échanges commerciaux, une meilleure allocation des ressources et l’intégration dans les chaînes de valeur mondiales sont essentiels pour renforcer la résilience économique et favoriser une prospérité partagée entre l’Afrique du Nord, l’Europe et l’Afrique subsaharienne. Une table ronde dédiée aux institutions financières internationales doit analyser comment un soutien financier coordonné, des conseils stratégiques et des initiatives d’investissement peuvent contribuer à libérer le potentiel économique régional. L’objectif affiché : faire de l’Afrique du Nord un hub intercontinental.
L’Algérie saluée pour ses réformes et sa diversification
Kristalina Georgieva a salué les avancées de l’Algérie en matière d’amélioration du climat des affaires, de promotion de l’investissement et de diversification économique. Elle a notamment mis en avant les réformes législatives et administratives, l’adoption des lois sur l’investissement et le foncier, la création de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI) et le dématérialisation des services publics.
Sur le plan macroéconomique, le FMI note un redressement solide depuis la pandémie. La croissance est restée résiliente en 2025, soutenue par des investissements publics massifs, tandis que l’inflation a reculé. Les autorités ont renforcé les infrastructures numériques, le transport et l’énergie, jugés essentiels pour soutenir la dynamique de croissance. Un point particulièrement notable.
«Elles ont plus que doublé au cours des cinq dernières années», a indiqué la directrice générale du FMI, soulignant que la diversification commence à produire des résultats concrets.
Un potentiel énergétique et technologique important
La directrice du FMI a également estimé que l’Algérie dispose d’un fort potentiel dans les énergies renouvelables, notamment le solaire et l’hydrogène vert. Elle a évoqué la possibilité pour le pays de devenir un pôle énergétique régional, grâce à l’interconnexion des réseaux électriques et à de nouveaux projets dans le secteur.
Elle a aussi relevé l’émergence d’un écosystème de start-ups, rendu possible par une meilleure connectivité Internet. Les investissements en cours dans les ports, les chemins de fer et la logistique pourraient réduire les coûts et les délais d’échanges, facilitant l’intégration de l’Algérie dans les chaînes de valeur régionales et mondiales.
La visite de Kristalina Georgieva à Alger est ainsi perçue comme une opportunité de renforcer le partenariat entre le FMI et les autorités algériennes, dans un contexte mondial marqué par une recomposition des échanges internationaux.
Smail Rouha
