Les risques des technologies modernes sur la conscience individuelle, les tentatives de semer la discorde, les guerres sectaires et la déformation de l’image des institutions et des symboles nationaux, sont autant de menaces.
L’Institut national d’études de stratégie globale (INESG) a mis en lumière les nouveaux défis auxquels font face les sociétés à l’ère du développement technologique accéléré. Les participants ont unanimement souligné l’importance de l’attachement aux valeurs nationales et de la protection de la société comme remparts essentiels contre ces formes de conflits invisibles.
Lors d’une rencontre scientifique consacrée au thème «La cohésion sociale et les guerres de conscience», le directeur général de l’INESG, Abdelaziz Medjahed, a précisé que cette conférence visait à «concrétiser les idées sur le terrain afin de renforcer la cohésion sociale et de faire face à tous les défis liés aux guerres de conscience», insistant sur la nécessité d’une approche pratique et globale.
De son côté, le président du CNESE, Mohamed Boukhari, a mis en garde contre «les manipulations des algorithmes à travers les réseaux sociaux», utilisées, selon lui, pour «démoraliser, créer des crises, déstabiliser et tenter de couper les générations montantes de leur héritage historique». Il a salué l’approche proactive de l’État, fondée sur l’intégration de la sécurité cognitive, de la résilience sociale et de la vigilance médiatique, plaçant le citoyen «au cœur de l’équation nationale». Pour Boukhari, le renforcement de la conscience collective et de la cohésion sociale constitue «une véritable immunité face à ces menaces».
Affirmant que l’Algérie dispose «de tous les facteurs de puissance pour faire face efficacement à ces défis», il a réitéré l’engagement du CNESE à assumer pleinement ses missions constitutionnelles, notamment en matière de dialogue social et d’élaboration de rapports prospectifs.
Resserrer les rangs et de définir les priorités
Le président du HCI, Mabrouk Zaid El Kheir, a pour sa part appelé à «mobiliser l’ensemble des énergies afin de resserrer les rangs et de définir les priorités pour la défense des constantes nationales et de la sécurité du pays».
Dans la même dynamique, le président de l’AAST, Mohamed Hichem Kara, a alerté sur «les dangers des guerres dormantes visant la conscience des peuples et la désintégration des pays», estimant que l’Algérie est en mesure d’y faire face par la sensibilisation et la mobilisation collective.
Les débats ont été enrichis par les interventions de chercheurs et de spécialistes qui ont abordé les risques des technologies modernes sur la conscience individuelle, les tentatives de semer la discorde, les guerres sectaires et la déformation de l’image des institutions et des symboles nationaux. Tous ont appelé à renforcer l’immunité sociale et la citoyenneté, y compris dans le cyberespace, afin de se prémunir contre les algorithmes de déstabilisation.
Le capital humain, un bien immatériel
Par ailleurs, l’INESG avait auparavant organisé une autre rencontre scientifique sous le thème «Le capital humain et la formation, leviers du développement et garants de la souveraineté économique et sécuritaire». Une rencontre dense, marquée par des échanges approfondis sur la place centrale de l’humain dans les stratégies de développement.
Dans son intervention introductive, le professeur Kechad Rabeh a retracé l’évolution de la pensée économique et sociale autour du facteur humain, estimant que la notion d’«homme-ressource» est aujourd’hui dépassée. «Il faut parler de richesse humaine, non de ressource», a-t-il insisté, rendant hommage à l’économiste Omar Aktouf, pionnier de cette vision. Selon lui, le capital humain est un bien immatériel stratégique, moteur de progrès et d’innovation, qui ne doit pas être perçu comme un coût mais comme un capital à valoriser.
Adéquation entre les formations et besoins réels
Le professeur Djelti Djamel, de l’Institut d’administration publique (IAP), a quant à lui exposé les fondements théoriques du capital humain dans ses dimensions économique, juridique et managériale. Il a souligné que l’investissement dans ce capital est devenu un levier essentiel du développement économique et social, rappelant que le capital humain demeure la propriété de l’individu et que la qualité du management joue un rôle décisif dans sa valorisation.
Représentant la Confédération algérienne du patronat citoyen (CAPC), Mme Haddad Nacéra a apporté la vision du monde de l’entreprise, plaidant pour une meilleure adéquation entre les formations et les besoins réels du terrain économique. «Les entreprises ont besoin de jeunes opérationnels, dotés de compétences immédiatement mobilisables», a-t-elle affirmé, soulignant l’importance de profils capables de répondre aux défis techniques et technologiques, notamment dans les secteurs stratégiques.
I.K.
