Le consensus national n’est plus une option secondaire, mais bien une nécessité urgente imposée par les défis internes et les mutations mondiales qui entourent l’Algérie.
Le Premier Secrétaire national du Front des Forces Socialistes (FFS), Youssef Aouchiche a appelé hier à une refondation profonde du rôle de la classe politique, exhortant l’ensemble des acteurs – pouvoir, partis et société civile – à une mobilisation citoyenne pour reconstruire la confiance entre les institutions et le peuple.
À l’occasion du 62e anniversaire de la création du FFS, Youssef Aouchiche a insisté sur le rôle crucial que doivent jouer les partis politiques dans la gestion des affaires publiques, précisant que «les partis ne doivent pas être marginalisés». «La responsabilité qui pèse sur la classe politique est immense», a-t-il affirmé, en soulignant que «si une véritable volonté politique d’ouverture vers la société existe, de grandes opportunités de réussite sont possibles». Selon lui, les partis politiques doivent être au cœur de cette transition, à condition de dépasser les logiques d’animation électorale pour assumer pleinement leur rôle de porteurs de projets et d’idées.
Youssef Aouchiche a adressé une critique virulente à l’égard de certaines pratiques politiques actuelles, appelant à une véritable purification de la scène politique. C’est pour cela, indique Aouchiche, que «nous devons réhabiliter l’engagement politique noble en mettant un terme à la politique affairiste et aux illusions : combattons les charlatans politiques. Rendons ensemble à l’action politique sa dignité, car la politique, dans sa noble acception, est l’engagement au service de la nation et du peuple».
Revaloriser l’action politique
Pour le leader du FFS, il est temps de revaloriser l’action politique dans ce qu’elle a de plus noble. «On ne peut pas parler de politique sans parler des partis. Et quand on parle de partis, on parle de formations représentatives, porteuses de projets, engagées pour la défense des intérêts de la nation», a-t-il rappelé, rejetant toute vision technocratique du pouvoir. Youcef Aouchiche a mis en garde contre les dangers d’un excès de gouvernance administrative déconnectée des aspirations populaires : «Un excès de technocratie peut mener à une impasse, empêcher les citoyens de s’exprimer et bloquer les perspectives de développement.»
Face à ce constat, le premier Secrétaire national du parti a réitéré l’appel de son parti à un consensus national autour des forces démocratiques et patriotiques. Il s’agit, selon lui, de «défendre notre pays et les intérêts de notre peuple» dans un contexte marqué par des défis majeurs, tant sur le plan politique qu’institutionnel. Il a aussi insisté sur la nécessité de rompre avec les pratiques politiques anciennes : clientélisme, opportunisme et gestion clanique du pouvoir.
Parmi les priorités énoncées, Youssef Aouchiche a mis l’accent sur l’urgence de reconstruire une relation de confiance entre l’État et les citoyens. «Il ne faut plus que le peuple soit d’un côté et l’État de l’autre», a-t-il martelé. La construction d’institutions «légitimes et fortes de l’adhésion populaire» est, selon lui, un enjeu central pour tourner la page des dérives du passé.
Enfin, il n’a pas manqué d’évoquer les ambitions de son propre parti. Fort de son histoire, de l’engagement de ses militants et du soutien populaire, le FFS estime avoir «déjà posé la moitié des fondations nécessaires». Toutefois, Youcef Aouchiche insiste sur la nécessité d’aller plus loin : «Construire un parti moderne, structuré, enraciné dans tout le territoire national, capable de s’imposer dans le paysage politique et d’influencer positivement l’avenir du pays».
Entre héritage historique et vision d’avenir
Par ailleurs, Youssef Aouchiche a également rappelé la portée symbolique de l’histoire du FFS et son ancrage profond dans la mémoire nationale. Ce rappel historique n’est pas anodin : il sert de socle à la légitimité du FFS et à sa mission actuelle. Le processus de changement engagé aujourd’hui, selon Aouchiche, doit permettre à l’Algérie de rattraper le temps perdu et d’aspirer à un avenir meilleur. «Nous avons entamé un processus de changement qui peut ouvrir la voie à une refondation politique, sociale et économique profonde. Une nouvelle dynamique qui pourrait permettre à l’Algérie de rejoindre les rangs des pays développés, influents et capables de peser dans leur environnement régional et sur la scène mondiale».
Youssef Aouchiche a réaffirmé les deux principes indissociables qui fondent l’identité du parti : le patriotisme et la démocratie. Il a précisé que le patriotisme ne doit plus être une posture rhétorique, mais une ligne de conduite exigeante, fondée sur la responsabilité, l’engagement et la défense de l’intérêt national, dans toutes ses dimensions. Pour le premier responsable du FFS, «le patriotisme ne peut plus se limiter à des slogans creux. Il doit se traduire par un projet national inclusif […], respectueux des libertés fondamentales et garant du bien-être de ses citoyens.» Et cette responsabilité, insiste Aouchiche, est collective. Elle repose autant sur ceux qui gouvernent que sur ceux qui militent, sur la société civile que sur les citoyens ordinaires. L’heure n’est plus aux divisions, mais à la cohésion nationale et à la reconstruction des institutions.
«Ce processus est désormais une nécessité historique et politique, si nous voulons renforcer notre État, sa légitimité, et sa résilience face aux menaces internes et externes». Selon lui, une stratégie nationale ne peut réussir sans l’adhésion populaire.
Islam K
