La campagne électorale en prévision des prochaines législatives du 2 juillet bat son plein à travers l’ensemble du territoire national, ainsi qu’au sein de la communauté établie à l’étranger.
Les différentes formations politiques et les listes indépendantes axent principalement leurs discours sur les préoccupations quotidiennes des citoyens, notamment le pouvoir d’achat, le développement économique et la consolidation des institutions.
Cependant, ces acteurs peinent encore à mobiliser autour de leurs discours. Pour diverses raisons, une partie des Algériens semble relativement désintéressée par ces élections.
Intervenant hier sur les ondes de la Radio Chaîne I de la Radio nationale, le spécialiste en droit constitutionnel, Rachid Lourari, a estimé que la campagne électorale pour les législatives du 2 juillet avait connu un démarrage modeste durant ses premiers jours, comparativement aux précédents rendez-vous électoraux.
L’intervenant a notamment cité, à titre d’exemple, l’absence de grands rassemblements et de meetings électoraux durant la première semaine, tant du côté des partis politiques que des candidats indépendants.
Rachid Lourari, qui estime, toutefois, que la campagne devrait gagner en dynamisme, a ajouté que les actions de proximité et les rencontres directes avec les citoyens dominent actuellement le paysage électoral. Les candidats privilégient ainsi le contact direct dans les quartiers, sur les lieux de travail et dans les espaces publics.
S’agissant du discours politique adopté durant cette campagne, l’expert constitutionnel a souligné qu’il se caractérise par son calme et sa modération, loin de toute agitation ou confrontation. Cette orientation s’explique, selon lui, par l’accent mis sur le renforcement de l’unité nationale, la poursuite des efforts de développement et la prise en charge des préoccupations des citoyens à travers un Parlement fort et représentatif.
Il a estimé que cette évolution constitue une avancée positive du discours politique et qu’elle mérite d’être valorisée et reproduite lors des prochaines échéances électorales.
Le spécialiste en droit constitutionnel a également relevé l’absence de promesses électorales excessives, qui ont souvent caractérisé les campagnes précédentes. Il a rappelé que les citoyens sont désormais mieux informés du rôle du député, lequel se limite essentiellement à l’élaboration, à l’examen et à l’adoption des lois, ainsi qu’au contrôle de l’action du gouvernement et du respect de son programme.
De nouvelles méthodes
Tout comme lors des précédentes élections, la campagne électorale pour les législatives du 2 juillet connaît une évolution notable dans les méthodes de mobilisation des électeurs, désormais largement centrées sur l’outil numérique et les plateformes interactives, devenus des moyens essentiels de présentation des programmes des différents candidats.
À ce propos, Rachid Lourari a expliqué que les réseaux sociaux sont devenus le principal terrain de la campagne électorale, en particulier pour les candidats des listes indépendantes, qui y recourent davantage, en raison notamment de moyens limités et d’un ancrage populaire moindre par rapport aux grands partis.
Depuis son lancement, la campagne se distingue, en effet, par une utilisation intensive des réseaux sociaux, notamment à travers les diffusions en direct et la présentation des programmes sur ces plateformes, faisant de ces outils des espaces d’interaction instantanée permettant aux électeurs d’exprimer leurs préoccupations dans les commentaires.
Concernant cette tendance de plus en plus visible lors des différentes échéances nationales, l’enseignante de sociologie politique à l’École nationale supérieure des sciences politiques (ENSSP), Amel Hadja, a récemment souligné l’importance de cette dynamique renouvelée. Elle estime que «cette transformation structurelle a permis d’insuffler une nouvelle dynamique au processus électoral, fondée avant tout sur l’interaction et l’échange d’opinions».
Elle ajoute que «cette communication numérique directe s’effectue désormais en temps réel, d’autant plus que les jeunes sont devenus des acteurs influents dans l’espace numérique en général».
Yacine Ouffella
