Estimant que les éléments matériels et légaux confirment un vaste réseau de blanchiment d’argent impliquant le transfert illégal de près de 1 096 milliards de centimes à l’étranger, le procureur général a requis, hier, l’aggravation des peines à l’encontre de C. Lazizi et de son fils Amar, condamnés en première instance à 12 ans et 10 ans de prison ferme.
Par Redouane Hannachi
Les deux prévenus avaient été reconnus coupables par le président du pôle financier et économique d’avoir bénéficié de crédits bancaires en devises dépassant 200 millions de dollars et 169 millions d’euros. Le procureur général a également demandé cinq ans de prison ferme contre deux autres mis en cause, précédemment relaxés lors du premier jugement. Lors de leur audition, les principaux inculpés ont assuré à la présidente de la chambre que toutes les opérations liées aux transferts de capitaux — y compris vers l’étranger — ont été effectuées dans le strict respect des règles commerciales. Ils affirment détenir l’ensemble des documents comptables relatifs aux transactions, notamment l’importation de grandes quantités de tissus et de lubrifiants de marque Total. La représentante du Trésor public a réclamé, pour sa part, une réparation matérielle équivalente à cinq fois le montant de l’amende initiale. Les avocats de la défense ont plaidé la relaxe pure et simple de leurs clients, affirmant que ceux-ci « ont été victimes d’un dossier monté de toutes pièces dès l’enquête préliminaire».
Verdict attendu le 2 décembre
Les magistrats de la 10e chambre pénale de la cour d’appel d’Alger rendront leur décision le 2 décembre prochain. Pour rappel, le père et son fils — incarcérés respectivement à El Harrach et Aïn Soltane (Bordj Bou Arreridj) — avaient été condamnés par le pôle pénal financier de Sidi M’hamed pour avoir transféré illégalement des montants colossaux en devises fortes. Ils avaient également été reconnus coupables d’avoir bénéficié de crédits bancaires importants auprès d’agences de Sétif et de Bordj Bou Arreridj, pour un total de 200 millions de dollars et 169 millions d’euros inscrits sur leurs comptes. Le procès en appel n’a été reporté qu’une seule fois, à la demande de la défense et en raison de l’absence de certains prévenus non détenus. Les deux principaux inculpés sont aussi poursuivis pour avoir dépensé des sommes considérables dans l’acquisition de produits Total de manière jugée illégale.
Au cours de l’audience, le fils a déclaré : «Mon père n’a rien à voir dans cette affaire. J’ai effectué seul toutes les opérations bancaires et commerciales. » Selon la défense, l’état de santé du père se serait nettement détérioré ces derniers jours, laissant envisager que l’affaire pourrait être jugée dès aujourd’hui.
R.H.
