Le doyen des juges d’instruction près le tribunal de Sidi Bel Abbès a décidé, en fin de semaine, de placer sous contrôle judiciaire l’actuel bâtonnier ainsi que son prédécesseur.
Tous deux sont poursuivis pour des faits à caractère pénal liés, selon l’enquête, à une mauvaise gestion des affaires financières et administratives du barreau de la région. Les mis en cause font l’objet de plusieurs chefs d’inculpation, parmi lesquels figurent l’abus d’autorité, le trafic d’influence, le détournement et la dilapidation de deniers publics, ainsi que l’utilisation de fonds du barreau à des fins personnelles. À ces accusations s’ajoutent celles de faux et usage de faux dans des documents administratifs et officiels, en plus d’un abus de confiance portant sur des sommes considérables appartenant à l’ordre des avocats.
L’affaire trouve son origine dans une plainte déposée par plusieurs membres du conseil de l’ordre auprès du doyen des juges d’instruction. Ces derniers dénoncent ce qu’ils qualifient de gestion opaque et anarchique du barreau, accompagnée d’un gaspillage des ressources financières dans des projets jugés fictifs ou jamais concrétisés. Les plaignants affirment également que les deux anciens responsables auraient détourné les cotisations versées par les avocats, destinées au fonctionnement du barreau et à la couverture des activités sociales et professionnelles de la corporation. À la suite de leur inculpation, les deux prévenus ont interjeté appel devant la chambre d’accusation de la cour de Sidi Bel Abbès, sollicitant l’annulation de l’ordonnance du doyen des juges d’instruction ayant ordonné la mesure de contrôle judiciaire. En vertu de cette décision, ils sont soumis à une interdiction de sortir du territoire national (ISTN) et doivent se présenter chaque semaine au greffe du juge d’instruction afin de signer le registre de présence. Cette mesure vise à garantir leur disponibilité pour les besoins de l’enquête en cours.
L’affaire pourrait, selon plusieurs sources judiciaires, être renvoyée devant le pôle spécialisé dans le traitement des infractions économiques et financières, en raison de la nature des faits reprochés. Par ailleurs, l’Union nationale des avocats algériens ainsi que le Trésor public envisagent de se constituer parties civiles afin de réclamer des réparations matérielles pour les préjudices subis.
R.H.
