Le gouvernement entend privilégier les projets stratégiques à fort impact économique et social, tout en poursuivant le soutien à l’investissement, à la diversification de l’économie et aux politiques sociales.
Dans un contexte international marqué par de fortes turbulences économiques et géopolitiques, le ministère des Finances veut faire du budget 2027 un levier de rationalisation des dépenses et de soutien à la croissance hors hydrocarbures, tout en préservant les équilibres financiers de l’État. En effet, dans une lettre de cadrage pour la préparation de l’avant-projet de loi de finances et de budget de l’Etat pour 2027, le ministère décline les axes stratégiques de la politique publique ainsi que les directives dans le cadre de la préparation de l’avant-projet de loi de finances 2027 et des projections budgétaires 2028-2029.
Dans cette note n°1270, datée du 19 mai 2026, le département ministériel fixe au 8 juin prochain la date limite de dépôt des propositions budgétaires, en prévision de l’ouverture des conférences budgétaires à partir du 10 juin, selon un calendrier qui sera communiqué ultérieurement.
Tout en appelant l’ensemble des ordonnateurs à adopter une approche fondée sur la maîtrise des dépenses, la hiérarchisation des priorités et l’amélioration de la performance de la dépense publique, dans un contexte international marqué par de fortes incertitudes économiques et géopolitiques, le document insiste sur la nécessité de concilier la préservation des équilibres financiers de l’État avec le soutien à l’investissement, à la croissance économique et à la diversification hors hydrocarbures. Cette nouvelle doctrine budgétaire repose sur une exigence centrale de maîtrise des dépenses publiques.
En effet, le gouvernement entend donner une orientation plus sélective à la dépense publique. En ce sens, le ministère des Finances a fixé un cap clair : préserver les équilibres macrofinanciers de l’État tout en maintenant le soutien à l’investissement et à la diversification économique.
Une sélection plus stricte des projets publics
L’une des orientations majeures du cadrage budgétaire 2027 porte sur la priorisation des projets en cours. Les autorités recommandent de concentrer les financements sur les opérations dont le taux d’avancement dépasse 70%, afin d’éviter la dispersion des ressources et les retards d’exécution.
Dans le même esprit, les dépenses considérées comme non essentielles devront être reportées, voire annulées. Cette approche marque une volonté de recentrer l’action publique sur les projets à forte valeur ajoutée économique et sociale.
Vers un budget axé sur la performance
Au-delà de la seule logique de restriction, le document met en avant une transformation du mode de gestion budgétaire. Il s’agit, désormais, de passer d’une logique de moyens à une logique de résultats, où chaque dépense publique doit être évaluée à l’aune de son impact concret sur le développement économique et social.
La numérisation de l’administration et le renforcement des mécanismes de contrôle figurent également parmi les priorités, dans une perspective de modernisation de la gouvernance financière.
Diversification économique et sécurité stratégique
Le cadrage budgétaire confirme, par ailleurs, la volonté de soutenir la croissance hors hydrocarbures, à travers l’encouragement de l’industrie nationale, des start-up et des secteurs créateurs de valeur ajoutée. Les grands projets structurants, notamment dans le secteur minier, sont appelés à jouer un rôle central dans cette stratégie de diversification.
Le gouvernement met également l’accent sur la sécurité alimentaire et hydrique. Le développement agricole, en particulier dans les wilayas du Sud, l’extension des surfaces irriguées et l’amélioration des rendements céréaliers figurent parmi les priorités.
Dans le domaine de l’eau, l’accent est mis sur l’accélération des infrastructures de dessalement, la réalisation de nouveaux barrages et l’interconnexion des réseaux hydrauliques afin de sécuriser durablement l’approvisionnement national.
Maintien des engagements sociaux
Malgré ce durcissement budgétaire, les autorités réaffirment le maintien des politiques sociales. Les investissements dans les secteurs de la santé, de l’éducation et de la formation sont appelés à se poursuivre, avec une attention particulière portée à la qualité des services publics et à leur modernisation numérique.
Les programmes de logements, les dispositifs de soutien aux produits de base ainsi que les efforts de réduction des disparités territoriales restent également inscrits dans les priorités de l’État.
Enfin, la préparation du budget 2027 s’inscrit dans une approche plus structurée et plus exigeante de la dépense publique. Les administrations sont invitées à présenter des projets assortis d’évaluations d’impact précises et à intégrer leurs données via la plateforme numérique dédiée.
Smail Rouha
