Le tribunal criminel d’Alger, deuxième instance, présidé par Mme Maazouzi Fariza, a rendu hier son verdict dans une affaire liée à la diffusion d’une vidéo attribuée au terroriste Amir Boukhars, alias Amir DZ. L’inculpé, T. Mohamed El Hadi, âgé de 25 ans, sans antécédents judiciaires et sans emploi, demeurant à Rouiba, a été condamné à une peine d’un an de prison ferme.
Le jeune homme a été reconnu coupable d’avoir détenu et publié une vidéo d’Amir DZ, dans laquelle ce dernier proférait des propos offensants à l’encontre des symboles de l’État, dont le président de la République, Abdelmadjid Tebboune. À la barre, l’accusé a tenté de se disculper, niant toute intention politique ou malveillante. «Un certain Madaci m’a demandé de contacter Amir DZ pour lui poser une question sur le MCA : s’il allait gagner la Coupe d’Algérie. Même si je suis un grand supporter, je ne l’ai pas fait», a-t-il expliqué devant les juges.
Il a ajouté : «Je ne savais pas qu’Amir DZ était un terroriste recherché pour atteinte à la sécurité du pays et à la personne du président de la République.» Interrogé sur une publication Facebook où il aurait écrit «Non au 2e mandat du président de la République», le mis en cause a catégoriquement nié : «Non, non ! Je n’ai rien écrit de tel!» Pour le procureur général, les faits sont clairs : la vidéo a bel et bien été publiée et constitue une infraction grave, puisqu’elle émane d’un individu reconnu comme terroriste. Le représentant du ministère public a ainsi requis l’aggravation de la peine, estimant que la diffusion de ce type de contenu porte atteinte à l’ordre public et à l’image des institutions de l’État. L’avocat de la défense, de son côté, a demandé au tribunal d’appliquer l’article 53 du Code pénal, relatif aux circonstances atténuantes. Il a soutenu que son client n’avait aucune connaissance du statut terroriste d’Amir DZ, précisant qu’en 2020, ce dernier «n’était pas encore officiellement classé comme terroriste». «La vidéo en question n’a jamais été publiée ; elle se trouvait simplement dans la galerie du téléphone», a encore affirmé la défense, appelant à la clémence. À rappeler que le tribunal criminel de première instance d’Alger avait précédemment condamné T. Mohamed El Hadi à trois ans de prison ferme.
En appel, la juridiction de deuxième instance a donc réduit la peine à un an ferme, tout en confirmant la reconnaissance de culpabilité pour la détention et la diffusion de contenu à caractère subversif. Le mis en cause a par ailleurs été acquitté des charges plus lourdes relatives à l’atteinte à la sécurité et à l’intégrité du territoire national, mais condamné pour avoir envoyé une vidéo au terroriste Amir DZ, ce qui reste une infraction prévue et punie par la loi.
R.H.
