Révision des tarifs de transport, lutte contre les applications de transport illégales, révision de l’âge de départ à la retraite et facilitation des procédures d’importation et d’acquisition de véhicules sont, entre autres, les revendications soulevées.
Un atelier de travail dédié à l’examen des principales revendications des professionnels du taxi et transporteurs a été ouvert lundi dernier. C’est ce qu’a annoncé le Syndicat national des transporteurs par taxi (SNTT), affilié à l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA).
Cette décision fait suite à une réunion de travail tenue au siège du ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, dans le cadre du dialogue engagé entre les pouvoirs publics et les représentants du secteur.
Dans un communiqué rendu public, le SNTT précise que cette initiative s’inscrit dans la continuité de la rencontre ayant réuni, auparavant, les représentants du syndicat avec le Premier ministre. Cette rencontre avait abouti à l’engagement d’ouvrir de véritables ateliers de travail afin de traiter, de manière globale et approfondie, l’ensemble des préoccupations professionnelles liées au secteur des transports.
Une réunion officielle pour le suivi des engagements
Selon le syndicat, une réunion officielle s’est tenue le lundi 2 février 2026 au siège du ministère des Transports, dans le cadre du suivi de la mise en œuvre des engagements pris par les autorités publiques. Cette démarche, souligne le communiqué, traduit «la volonté sincère des pouvoirs publics, à leur tête le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, de régler les dossiers en suspens à travers une approche participative fondée sur un dialogue sérieux et responsable».
Examen des priorités
Lors de cette rencontre, le lancement officiel des travaux de l’atelier a été annoncé. Celui-ci aura pour mission d’examiner plusieurs dossiers jugés fondamentaux par les professionnels du secteur. Parmi ceux-ci, la révision du taux d’augmentation des tarifs de transport, dans l’objectif de concilier le pouvoir d’achat des citoyens et les droits des transporteurs, ainsi que la modification des textes réglementaires et des décrets exécutifs encadrant la profession.
L’atelier devra également se pencher sur la recherche de solutions pratiques et équitables concernant le dossier de la licence du moudjahid, la lutte contre les applications de transport illégales et la protection de l’activité organisée. L’étude de l’âge de départ à la retraite, en tenant compte de la pénibilité et de la spécificité du métier, fait aussi partie des points inscrits à l’ordre du jour. S’y ajoutent l’intégration des professionnels du secteur dans le régime de l’auto-entrepreneur afin d’alléger les charges fiscales et sociales, ainsi que l’ouverture et la facilitation des procédures d’importation et d’acquisition de véhicules de 5 et 9 places.
Une concertation inédite
Le secrétaire général du SNTT, Sid Ali Aït El-Hocine, a rappelé, dans une déclaration à la presse nationale, que les représentants du syndicat ont été reçus, le 17 janvier dernier, par le Premier ministre, qualifiant cette rencontre de «fait inédit». Selon lui, cette démarche traduit clairement
«l’intérêt accordé par l’État, au plus haut sommet, au secteur du transport, et en particulier au transport par taxi».
Reconnaissant que des doutes existaient au départ parmi les professionnels, notamment en raison des crises successives qu’a connues le secteur, Sid Ali Aït El-Hocine a toutefois assuré qu’il existe aujourd’hui «une véritable continuité et un suivi réel». Le responsable syndical a précisé que ces ateliers s’inscrivent dans un cadre méthodique, avec la transmission de rapports périodiques aux services du Premier ministre, ce qui confirme, selon lui, qu’«il y a aujourd’hui un traitement sérieux et réel des problèmes du secteur du transport».
Secteur privé : une situation difficile
Évoquant la situation des transporteurs privés, Sid Ali Aït El-Hocine a souligné que ces derniers vivent uniquement de leur activité, sans soutien ni subventions, et avec des investissements souvent disproportionnés par rapport aux revenus générés. Il a néanmoins salué l’ouverture affichée par les autorités, indiquant que le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales ont pris des engagements officiels pour examiner l’ensemble des revendications «point par point» et mettre en place des mécanismes concrets pour amorcer leur résolution.
Tarification : équilibre entre pouvoir d’achat et le service
Concernant la question de la tarification, il a insisté sur la nécessité de revoir les tarifs du transport tout en rassurant les citoyens. «Il ne s’agit ni d’effrayer les usagers ni de porter atteinte au pouvoir d’achat», a-t-il affirmé, soulignant que la qualité du service attendue «a un coût» et doit reposer sur un équilibre juste.
Pour le président de l’Organisation nationale des transporteurs algériens, Hussein Bouraba, la rencontre ayant réuni les représentants des syndicats du secteur des transports avec le président du Conseil de la nation, AzzouzNasri, constituait une étape importante ayant rétabli un climat de confiance et ouvert des canaux de communication directs et transparents.
I. Khermane
