Après des mois de tensions diplomatiques, Alger et Paris semblent entamer une phase de détente.
La politique des «petits pas» entre l’Algérie et la France, amorcée depuis plus d’un mois, semble porter ses fruits. Après une brouille diplomatique, les deux pays commencent à se parler et même à s’entendre sur des points sensibles.
Pour la première fois depuis des mois, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, s’est entretenu le 16 mars dernier avec son homologue algérien, Ahmed Attaf, dans le but de relancer la coopération bilatérale. Leur dernier échange formel remonte à novembre 2025, en marge d’une réunion du G20 à Johannesburg, en Afrique du Sud.
Dans un entretien accordé à l’agence de presse AFP, le ministre français s’est réjoui de la reprise du dialogue et des perspectives d’avenir après une période de tensions. «Nous voyons les premiers résultats se manifester, qui se confirment et s’amplifient», a-t-il déclaré, rappelant que la relance de la coopération migratoire et sécuritaire était au cœur de la visite à Alger de Laurent Nuñez le mois dernier.
Selon le MAE français, la reprise d’un «dialogue exigeant sur le plan migratoire et sécuritaire avec l’Algérie» produit déjà des résultats tangibles.
«Nous avons pu faire valoir un certain nombre d’attentes, notamment en matière de reconduites à la frontière des Algériens en situation irrégulière», a-t-il précisé, soulignant la nécessité pour les autorités consulaires algériennes en France de délivrer les laissez-passer consulaires permettant ces reconduites, expliquant que le ministère de l’Intérieur français a travaillé en lien avec le ministère des Affaires étrangères pour faciliter ce processus.
En 2024, l’Algérie n’avait accepté que 42% des demandes de laissez-passer formulées par la France, sur environ 5.000. Les auditions consulaires, nécessaires pour vérifier la nationalité des personnes à reconduire, avaient été interrompues pendant plusieurs mois en raison de la crise entre les deux pays. Les dernières réadmissions remontent au début de l’année 2025. En mars de la même année, l’Algérie avait rejeté une soixantaine de dossiers de ressortissants algériens soumis à une obligation de quitter le territoire français (OQTF), invoquant des raisons de forme et de fond.
Coopération sécuritaire de haut niveau
Ces premiers résultats témoignent d’un début de normalisation des relations bilatérales. Si des progrès restent attendus, Paris et Alger semblent désormais engagés dans une dynamique de coopération pragmatique sur les questions migratoires et sécuritaires. Le 17 février dernier, lors de la visite de Laurent Nuñez, les deux pays ont convenu de relancer une «coopération sécuritaire de très haut niveau», visant à densifier les échanges judiciaires, policiers et de renseignement.
Signe d’une détente perceptible
Après une première édition largement saluée, le Salon de l’Algérie revient du 6 au 8 avril 2026 à la LDLC Arena, avec des ambitions revues à la hausse.
Entre une programmation grand public et une dimension économique affirmée, la deuxième édition entend consolider la présence du made in Algeriasur le marché européen. Plus de 200 exposants occuperont 15.000 m² contre une soixantaine en 2025, couvrant des secteurs clés tels que l’agroalimentaire, l’artisanat, le tourisme, l’industrie, les services et la médecine esthétique.
Le programme inclura des animations culturelles, des démonstrations culinaires, des défilés de créatrices, des concerts traditionnels et même un méga-quiz sur l’Algérie. Les visiteurs bénéficieront également d’offres promotionnelles et de cadeaux, dont un voyage Marseille-Alger offert par la compagnie maritime Nouris El Bahr.
Cette édition réunira plus de 170 entreprises venues de toute l’Algérie, avec l’objectif de répondre à une demande croissante pour les produits algériens et de renforcer leur visibilité sur le marché international.
La reprise des échanges diplomatiques, sécuritaires et culturels entre l’Algérie et la France témoigne d’une dynamique de coopération pragmatique. Les avancées concrètes dans le domaine migratoire et sécuritaire s’accompagnent désormais d’une visibilité économique et culturelle accrue, illustrée par le succès croissant du Salon de l’Algérie à Lyon.
R.N
