La chambre criminelle de la Cour suprême a récemment tranché dans l’affaire de l’ex-trésorier du mouvement interdit MAK.
Les magistrats ont rejeté le pourvoi en cassation introduit par ses avocats, estimant que les vices de forme soulevés par la défense étaient dénués de tout fondement. Ce verdict intervient dans un climat marqué également par la condamnation du neveu de Ferhat Mehenni, chef de la mouvance séparatiste en fuite à l’étranger. Benajaoud Yougherten avait écopé de cinq ans de prison ferme et d’un million de dinars d’amende, conformément aux réquisitions de l’avocate du Trésor public, Me Adouane Nassima, qui avait jugé les faits « formels et établis ». Une journée après, le tribunal criminel d’Alger de la 2e instance a condamné, lors de la dernière session criminelle, a condamné l’ex-trésorier du MAK, Kabbeche Mounir, à trois ans de prison ferme assortis d’une amende de 200 000 dinars au profit du Trésor public.
Enseignant dans un CEM de Béjaïa, il a été reconnu coupable d’appartenance à une organisation terroriste visant à porter atteinte à la sécurité de l’État et à l’unité nationale, ainsi que d’apologie d’actes terroristes. Les juges ont retenu contre lui la diffusion de publications appelant à la rébellion et à l’autonomie de la Kabylie. Face à ces accusations, l’inculpé a, lots de son passage à la barre, nié en bloc : «Les enquêteurs m’ont collé une étiquette qui n’est pas la mienne. Ils m’ont forcé à signer des procès-verbaux sans en connaître le contenu», a-t-il affirmé. Contestant les preuves, il a soutenu que «les publications relevées sur mon compte sont truquées». Le parquet avait requis une peine de 15 ans de réclusion criminelle, estimant que l’ex-trésorier avait non seulement adhéré à une organisation classé «terroriste», mais aussi pris attache avec «la horde » dirigée par Ferhat Mehenni. Le procureur a insisté sur la gravité des faits et demandé la confiscation des pièces saisies.
La défense, de son côté, a dénoncé un « dossier monté de toutes pièces », plaidant l’acquittement. Les magistrats n’ont pas suivi ces arguments et ont confirmé la lourde responsabilité de l’accusé.
R.H.
