Le tribunal criminel d’Alger, relevant de la deuxième instance judiciaire, examinera prochainement l’affaire des trois narcotrafiquants et de leur présumé complice poursuivis pour trafic de stupéfiants dans le cadre d’une organisation criminelle.
Ce dossier revient devant la justice après cassation, à la suite d’un arrêt de la Cour suprême qui a retenu plusieurs vices de forme soulevés par les avocats de la défense. Les juges de la haute juridiction ont en effet estimé que certaines irrégularités de procédure relevées au cours du premier procès nécessitaient un réexamen de fond. Les accusés, condamnés à de lourdes peines en première instance, bénéficieront donc d’un nouveau procès au cours de la prochaine session criminelle. L’affaire remonte au mois de Ramadan de l’année 2011.
À la suite de renseignements précis, les éléments de la police judiciaire de Semmar (ex-Gué de Constantine), relevant de la sûreté de daïra de Bir Mourad Raïs, ont mené une opération qui a permis de démanteler un réseau de trafic de kif traité. Quelques heures avant l’arrestation des principaux mis en cause, les enquêteurs avaient déjà interpellé un certain S. Yacine, âgé d’une quarantaine d’années, marié et père de trois enfants, résidant à Khraïssia, soupçonné de collaboration avec le groupe. Sur instruction du procureur de la République près le tribunal de Bir Mourad Raïs, une perquisition a été effectuée au domicile du prévenu. Les policiers y ont découvert une importante quantité de kif traité, estimée à 17 kilogrammes, soigneusement dissimulée dans le balcon à l’intérieur d’une machine à laver.
Un réseau structuré
Déjà connu pour une précédente affaire — il avait purgé quatre mois de prison pour un accident corporel —, le mis en cause a reconnu avoir accepté de cacher la drogue à son domicile, tout en niant appartenir à un réseau organisé. Lors de l’enquête préliminaire, S. Yacine a admis la détention et la dissimulation de la marchandise prohibée, mais a nié toute implication dans la commercialisation ou la distribution. Il a affirmé avoir agi sous pression, sans connaître l’ampleur des activités du groupe. Pour leur part, les juges de la chambre d’accusation de la cour d’Alger, saisis du dossier, ont retenu la qualification criminelle de l’affaire et ordonné le renvoi des prévenus devant le tribunal criminel.
L’enquête a révélé que le principal accusé, gérant d’un parking situé en face du siège de la cour d’Alger, avait déjà été condamné à deux reprises pour des faits similaires. Il aurait exploité la complicité de son entourage pour écouler la drogue dans plusieurs quartiers périphériques de la capitale, notamment aux Annassers et El Madania (ex-Salombier). Quant au quatrième inculpé, un étudiant, il aurait été interpellé par hasard en compagnie des principaux suspects. Selon la défense, il ignorait tout de leurs activités illicites. C’est au terme d’une descente policière effectuée sur le boulevard menant vers les hauteurs de Kouba que les enquêteurs ont pu interpeller les membres du réseau.
Cette intervention, qui avait mobilisé plusieurs unités, avait mis un terme à l’une des plus importantes affaires de trafic de kif traité enregistrées dans la capitale à l’époque.
R.H.
