Le procès de l’ancien wali délégué de la circonscription administrative de Bir Mourad Raïs, Dliba Abdelaziz, a une nouvelle fois été renvoyé par le tribunal de Sidi M’hamed, en raison de l’absence des avocats de la défense. L’affaire concerne de lourdes accusations de malversation, abus de pouvoir, trafic d’influence et détournement de deniers publics.
Le mis en cause devait comparaître devant le pôle pénal, économique et financier du tribunal de Sidi M’hamed pour répondre d’une série de faits liés à sa gestion lorsqu’il était à la tête de la circonscription administrative de Bir Mourad Raïs, poste qu’il a occupé de 2021 au 4 juillet 2023. Il est soupçonné d’avoir utilisé ses fonctions à des fins personnelles, d’avoir tiré profit de son autorité pour favoriser certains opérateurs économiques, et d’avoir entravé l’exécution de décisions administratives relevant des services de l’urbanisme de Bordj El Kiffan. L’affaire a connu un parcours judiciaire complexe. Arrêté puis déféré devant le parquet du tribunal de Bir Mourad Raïs, le dossier a été transféré à la juridiction de Chéraga, en raison de la qualité du prévenu, avant d’être à nouveau renvoyé devant le parquet de Médéa. À l’issue de l’enquête préliminaire, le juge d’instruction a décidé de le placer sous contrôle judiciaire, assorti d’une interdiction de sortie du territoire national (ISTN) et de la confiscation de son passeport.
Trahison et espionnage
Ces décisions se fondaient sur un rapport transmis par l’ex-chef de la sûreté de daïra de Bir Mourad Raïs, Ferrah Ali, lequel avait alerté sa hiérarchie sur des irrégularités présumées. Ce dernier avait également informé l’ex-directeur général de la Sûreté nationale, Bencheikh, aujourd’hui poursuivi et écroué par la justice militaire pour espionnage et trahison au profit d’une puissance étrangère. Les avocats de l’ex-wali délégué ont, pour leur part, dénoncé des dépassements graves dans la conduite de l’enquête initiale, accusant l’ancien chef de la sûreté de daïra d’avoir agi de manière partiale et abusive.
Ces révélations ont conduit le procureur général près la cour d’Alger à ordonner l’ouverture d’une instruction judiciaire à l’encontre de Ferrah Ali, lequel a depuis été remis en liberté. Selon la défense, le dossier repose essentiellement sur des allégations d’enrichissement illicite et d’abus d’autorité, sans preuves matérielles suffisantes pour justifier un renvoi en jugement. Deux élus des communes de Saoula et du Gué de Constantine, qui avaient initialement déposé plainte, ont d’ailleurs décidé de retirer leurs accusations, affaiblissant davantage le dossier de l’accusation. Le juge d’instruction du tribunal de Médéa a néanmoins décidé de renvoyer l’affaire devant le pôle spécialisé de Sidi M’hamed, compétent pour traiter les affaires de corruption et de gestion publique irrégulière. Le procès devait se tenir le 15 septembre dernier, mais il a été reporté une première fois faute de comparution de plusieurs témoins.
Sa nouvelle audience, elle aussi, n’a pas pu se tenir pour cause d’absence d’avocats, prolongeant encore une procédure qui suscite beaucoup d’attention dans les milieux administratifs et judiciaires.
R.H.
