Les avocats de la défense ont interjeté appel contre les ordonnances rendues récemment par le juge d’instruction du tribunal de Dar El-Beïda, dans le cadre d’une vaste affaire de corruption au ministère du Commerce extérieur.
Mécontents des mandats de dépôt et des mesures de contrôle judiciaire prononcés à l’encontre de leurs clients, ils ont saisi la chambre d’accusation de la cour d’Alger pour en demander l’annulation. Selon le communiqué du parquet de la République près le tribunal de Dar El-Beïda, publié mercredi dernier, cette affaire de corruption a éclaté à la suite d’un signalement anonyme parvenu le 8 septembre à la section de recherches de la Gendarmerie nationale de Bab El-Djedid (Alger).
Le dénonciateur a transmis des informations détaillant les agissements d’une employée du ministère du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, soupçonnée d’avoir abusé de ses fonctions pour accorder des avantages indus à plusieurs opérateurs économiques, en contrepartie de faveurs et bénéfices personnels. L’enquête a révélé que la principale mise en cause aurait facilité l’obtention d’autorisations d’importation de matières premières pour des entreprises privées, en contournant les procédures officielles et en manipulant les tableaux prévisionnels d’importation.
Ces autorisations étaient délivrées en dehors du cadre légal, en échange d’avantages matériels, créant ainsi un réseau d’interférences et de complaisances au sein même de l’administration du commerce extérieur. À la suite de ces révélations, le parquet a ordonné l’ouverture d’une enquête préliminaire approfondie, qui a conduit à l’interpellation de plusieurs fonctionnaires du ministère ainsi que d’opérateurs économiques impliqués dans ces pratiques illégales. Présentés devant le parquet territorialement compétent, les prévenus ont été inculpés pour abus de fonction, trafic d’influence et acceptation d’avantages indus. Sur réquisition du procureur de la République, le juge d’instruction a procédé à l’audition des mis en cause avant de décider le placement sous mandat de dépôt de 17 personnes, dont neuf cadres du ministère et huit opérateurs économiques.
L’enquête judiciaire se poursuit toujours afin d’identifier d’éventuelles complicités et de déterminer l’ampleur du préjudice causé à l’État. Une fois l’instruction achevée, les inculpés devraient comparaître devant le pôle pénal financier et économique du tribunal de Sidi M’hamed, juridiction compétente pour juger les affaires majeures de corruption et de malversation.
R.H.
