Le Président du MSP a souligné que la sécurité alimentaire représente un enjeu majeur de souveraineté nationale
Le Mouvement de la Société pour la Paix (MSP) a organisé hier, au Palais des Expositions (Safex), sa Conférence économique nationale consacrée aux enjeux de la sécurité alimentaire en Algérie et aux défis liés à l’investissement agricole. L’événement a été initié par le Secrétariat national aux Affaires économiques et au Développement local.
Lors de son intervention, le président du parti, Abdelali Hassani Cherif, a souligné l’importance de cette rencontre, qu’il considère comme une occasion d’aborder des questions essentielles pour le pays. Il a rappelé que le débat politique en Algérie « ne doit pas se limiter aux seules questions politiques », estimant que les défis nationaux sont à la fois politiques, économiques et sociaux.
Hassani Cherif a insisté sur la volonté du MSP de donner la parole aux spécialistes, affirmant : « Nous croyons qu’il faut écouter les experts, les spécialistes et tous ceux qui peuvent contribuer par leur avis. »
Il a également salué la présence des médias, dont le rôle est, selon lui, essentiel pour transmettre le débat au grand public et encourager une participation plus large de la société politique et civile.
Le président du MSP a précisé que le parti n’impose aucune position politique aux experts qu’il invite : « Nous n’obligeons pas les experts à adopter nos positions. Nous nous engageons à prendre en considération leurs avis et leurs expériences. »
Il a affirmé que le MSP souhaite offrir un espace ouvert aux compétences nationales : « Dites-leur que le mouvement est leur maison, sans obligation politique ou partisane. »
Absence de débat stratégique
Pour Hassani Cherif, cette conférence répond à un premier objectif : relancer un débat national sérieux sur les dossiers stratégiques, qu’il juge « absents de la scène politique ».
Selon lui, de nombreux dossiers sont gérés uniquement à travers des approches gouvernementales, sans participation suffisante du débat politique et social.
Il a également reconnu que la vision du MSP n’est pas figée : « Notre point de vue peut être corrigé. Les experts peuvent rectifier certaines idées que nous croyons justes. »
Revenant sur le thème de la conférence, Hassani Cherif a rappelé que l’Algérie a expérimenté plusieurs programmes agricoles depuis l’indépendance — de la révolution agraire au développement intégré — sans atteindre la stabilité souhaitée.
Il souligne que « l’apport de ces programmes à la stabilité de la sécurité alimentaire demeure incertain ».
Pour lui, la sécurité alimentaire représente un enjeu majeur de souveraineté nationale :
« Les pays qui dominent le monde exercent des pressions à travers la sécurité alimentaire. Lorsqu’un pays est menacé dans son alimentation, il perd de sa souveraineté et de sa capacité à décider. »
Il a rappelé également les difficultés rencontrées sur le marché national, notamment concernant l’approvisionnement stable et continu, ainsi que l’impact des grandes transformations économiques mondiales.
Hassani Cherif estime que le discours officiel « fait preuve d’un excès d’optimisme », alors que la conjoncture internationale impose des pressions sur les relations extérieures, la disponibilité de certains produits ou encore les capacités internes de production.
Il a souligné que la sécurité alimentaire n’est pas liée uniquement au secteur agricole, mais à un ensemble de secteurs complémentaires : énergie, industrie, eau, commerce, industries de transformation, commerce extérieur, ainsi que les organisations professionnelles comme les chambres de l’agriculture et du commerce.
Selon Hassani Cherif, les programmes déjà mis en place dans les secteurs de l’agriculture, de la pêche et de l’industrie n’ont pas permis d’assurer un niveau de stabilité suffisant pour la sécurité alimentaire du pays.
Il a rappelé que la contribution de l’agriculture au PIB ne dépasse pas 13 %, que les exportations agricoles ne dépassent pas 300 millions de dollars, alors que les exportations totales s’élèvent à 11 milliards de dollars. Pour lui, cette situation montre clairement que les politiques actuelles ne garantissent pas la sécurité alimentaire à court ou moyen terme.
Islam K.
