À quelques mois des échéances, la mobilisation partisane s’annonce intense, avec une confrontation d’idées et de projets qui pourrait transformer le paysage politique national.
Après une longue stagnation, la scène politique nationale connaît un regain d’activité sans précédent, alors que les partis se préparent aux élections législatives de 2026 et aux scrutins locaux qui s’en suivront. Cette reprise du jeu politique intervient dans un contexte inédit, marqué par des enjeux nationaux et régionaux complexes, allant des mutations économiques aux menaces sécuritaires croissantes dans la région. Les autorités, pour leur part, préparent la présentation d’un nouveau projet de loi sur les partis et l’amendement de la loi électorale, tandis que le débat public s’enrichit de réflexions sur la réforme institutionnelle et la modernisation des mécanismes électoraux.
Sur le terrain, plusieurs partis ont intensifié leur activité. Le Rassemblement National Démocratique (RND) a amorcé une nouvelle phase depuis l’élection de Moundir Bouden à la tête du parti en juillet 2025, adoptant un discours plus ouvert et progressiste et intégrant de nouvelles figures issues du mouvement populaire. Le FLN, après avoir surmonté une crise interne, a appelé ses militants à «élever le niveau du travail partisan» pour retrouver sa place traditionnelle sur la scène nationale. De son côté, Jil Djadid se prépare à un congrès extraordinaire en ce mois de novembre pour élire sa nouvelle direction, tandis que l’Union pour le Changement et le Progrès a renouvelé sa présidence, illustrant la volonté de ces partis de se régénérer et de se repositionner politiquement.
Le Front des forces socialistes (FFS), qui avait boycotté le scrutin de 2021, exprime son intention de participer, plaidant pour un «consensus national global» ouvrant la voie à une véritable réforme politique. Le premier parti de l’opposition se prépare donc à faire entendre sa voix. Convaincu que «le pays a besoin d’assemblées élues compétentes», Youcef Aouchiche, premier secrétaire national, a appelé à une mobilisation citoyenne consciente et organisée, soulignant que celle-ci pourrait marquer la rupture entre «la politique de la force et la force de la politique». Pour le FFS, il est crucial que les assemblées locales disposent de prérogatives réelles et que l’Assemblée nationale cesse d’être «une chambre d’enregistrement», devenant «le cœur battant de la société et de la République». Louisa Hanoune a clairement fixé le cap pour le Parti des Travailleurs : la participation aux prochaines élections ne sera pas une simple formalité. «Nous ne participons pas pour participer, mais pour gagner», a-t-elle déclaré, affirmant la volonté du parti de peser réellement dans le débat politique et de défendre ses projets auprès des citoyens. Après avoir boudé le scrutin de 2021, cette prise de position traduit un réengagement actif et la détermination à jouer un rôle décisif dans le paysage électoral à venir.
Abdelali Hassani Cherif a insisté sur l’importance de l’inclusion et de la collaboration entre toutes les forces politiques. Pour le Parti des Travailleurs, la participation au processus électoral ne doit pas se traduire par l’exclusion ou la monopolisation du pouvoir. Selon Hassani, «la coexistence et le travail collectif avec toutes les sensibilités politiques» sont essentiels pour garantir que chaque acteur local puisse jouer pleinement son rôle, renforçant ainsi la représentativité et la légitimité des institutions. Cette position illustre la volonté du parti de promouvoir un climat politique ouvert et pluraliste.
Une mobilisation déterminante
L’ensemble de ces initiatives traduit une reprise significative du débat politique et une volonté des partis de se rapprocher des citoyens, de renforcer leur légitimité et de peser sur l’orientation du pays. À quelques mois des échéances, la mobilisation partisane s’annonce intense, avec une confrontation d’idées et de projets qui pourrait transformer le paysage politique national, dans un contexte où la participation citoyenne sera déterminante pour légitimer les institutions et orienter l’avenir national.
Assia M.
