Face aux écarts de prix et aux soupçons de rétention des stocks, le gouvernement entend renforcer le contrôle des circuits de commercialisation et garantir un approvisionnement régulier à des tarifs accessibles.
Le Premier ministre, Sifi Ghrieb, a présidé, jeudi, une réunion du Conseil interministériel consacrée à la commercialisation des viandes rouges. Selon un communiqué des services du Premier ministre, cette rencontre s’est déroulée en présence du secrétaire général de l’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA) et de représentants de sa Fédération des viandes rouges.
Les discussions ont porté sur les préoccupations des professionnels de la filière, notamment la disponibilité des viandes rouges, la régularité de l’approvisionnement et la nécessité de maintenir des prix maîtrisés pour les consommateurs.
Une batterie de mesures pour protéger le pouvoir d’achat
Les pouvoirs publics ont multiplié les dispositifs pour améliorer l’offre et rendre la viande plus accessible. Ces mesures reposent notamment sur le soutien à la production nationale, à travers des aides aux éleveurs et des dispositions relatives aux prix des fourrages et des aliments du bétail, ainsi que sur le recours aux importations pour renforcer l’approvisionnement du marché.
La loi de finances 2026 a également instauré un taux réduit de 5% de droits de douane sur certaines importations de viandes bovines et ovines fraîches ou réfrigérées sous vide, de viandes blanches congelées et de cheptels bovins et ovins destinés à l’abattage, ainsi que de certaines catégories de bovins destinés à l’engraissement. Le projet de loi de finances 2027 propose de reconduire cette mesure jusqu’au 31 décembre 2029.
En avril 2024, un décret exécutif avait, par ailleurs, fixé les marges bénéficiaires maximales à 4% pour l’importation, 5% pour la vente en gros et 8% pour la vente au détail des viandes concernées. L’objectif est de limiter les surcoûts tout au long de la chaîne de distribution et de préserver le pouvoir d’achat.
Malgré ces dispositifs, les prix restent soumis à des tensions et à des pratiques spéculatives dénoncées par les pouvoirs publics.
Des enquêtes sur les importateurs et les intermédiaires
La réunion interministérielle s’inscrit dans le prolongement des instructions données par le président de la République lors du Conseil des ministres du 18 octobre. Celui-ci avait pointé les monopoles constitués par certains importateurs, la commercialisation de viandes importées à des prix comparables à ceux de la viande locale et les importantes disparités tarifaires entre les wilayas, voire entre les quartiers d’une même ville.
Le chef de l’État a chargé le Premier ministre d’ouvrir une enquête sur les pratiques de certains importateurs, soupçonnés de contribuer à la rétention des produits et à la hausse des prix facturés aux bouchers. Une autre enquête doit porter sur les écarts des prix des viandes importées selon les régions et les points de vente.
Le président de la République a également demandé l’élaboration d’un texte visant à encadrer strictement l’activité des intermédiaires entre producteurs et consommateurs.
Au-delà des mesures de soutien à l’offre, l’enjeu est désormais de mieux contrôler les circuits de distribution, de réduire les marges abusives et de faire en sorte que les efforts consentis par l’État se traduisent réellement par une baisse de la facture pour les ménages.
S. Smati
