Face à un déficit annuel de financement des Objectifs de développement durable (ODD) estimé à 4 000 milliards de dollars, le président du Conseil économique et social des Nations unies appelle à mobiliser davantage de ressources et à accélérer l’allègement de la dette des pays les plus vulnérables.
À moins de quatre ans de l’échéance de 2030, le financement du développement durable demeure un défi majeur pour de nombreux pays. Entre besoins d’investissement considérables, ressources insuffisantes et endettement croissant, les économies les plus fragiles peinent à réunir les moyens nécessaires pour atteindre les Objectifs de développement durable (ODD).
Lors d’une réunion conjointe de la Deuxième Commission de l’Assemblée générale des Nations unies et du Conseil économique et social, lundi à New York, Amar Bendjama a alerté sur l’ampleur du déficit de financement, estimé à près de 4 000 milliards de dollars par an dans les pays en développement. Il a plaidé pour une mobilisation accrue des ressources publiques et privées, ainsi que pour une meilleure orientation des financements vers les priorités du développement.
La dette asphyxie les capacités d’investissement
Au cœur de son intervention, le responsable onusien a mis en évidence le poids de l’endettement, qui réduit les marges de manœuvre budgétaires des États et compromet le financement des politiques économiques et sociales.
La pression est particulièrement forte dans les pays les plus vulnérables, où les ressources disponibles restent largement inférieures aux besoins. Au-delà de ses implications financières, la dette constitue ainsi un obstacle structurel au développement, en limitant les investissements dans les infrastructures, les services publics et les secteurs essentiels à l’amélioration des conditions de vie.
Amar Bendjama a, dans ce contexte, appelé à renforcer les mécanismes d’allègement de la dette afin de dégager des ressources supplémentaires au profit des priorités nationales. L’enjeu est de mettre en place des solutions plus équitables, adaptées aux réalités économiques des pays concernés et susceptibles de produire des effets tangibles sur leur capacité d’investissement.
L’Engagement de Séville en ligne de mire
Le président du Conseil économique et social a également souligné l’importance de l’Engagement de Séville, présenté comme une feuille de route pour renforcer la coopération internationale en matière de financement du développement.
Plusieurs initiatives sont mises en avant, notamment le lancement de la Plateforme des pays emprunteurs, le recours accru aux clauses de suspension du service de la dette et la révision du cadre de viabilité de la dette applicable aux pays à faible revenu, élaboré conjointement par le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale.
Ces dispositifs visent à améliorer le dialogue entre les pays débiteurs et leurs créanciers, tout en favorisant des réponses mieux adaptées aux difficultés financières des États les plus fragiles. Leur efficacité dépendra toutefois de leur mise en œuvre et de leur capacité à alléger concrètement les contraintes qui pèsent sur les budgets nationaux.
Des engagements à traduire en actes
Le Conseil économique et social des Nations unies contribue à cette dynamique à travers ses mécanismes de suivi du financement du développement et son Forum de coopération pour le développement. Ces instances permettent d’évaluer les engagements internationaux, de renforcer le dialogue entre les acteurs concernés et d’identifier des solutions aux difficultés de financement.
Mais le défi reste entier : transformer les annonces en résultats concrets. Les ressources nécessaires au développement durable continuent de parvenir difficilement aux pays et aux populations qui en ont le plus besoin, tant en volume qu’en délais et en conditions financières.
À l’approche de 2030, Amar Bendjama appelle ainsi à accélérer la mise en œuvre de l’Engagement de Séville, à combler le déficit de financement et à alléger le fardeau de la dette. Pour les pays en développement, l’enjeu dépasse la seule stabilité financière : il s’agit de préserver leur capacité à investir, à répondre aux besoins sociaux et à concrétiser leurs objectifs de développement.
Synthèse Assia. M
