L’objectif est de bâtir un tissu industriel plus compétitif, capable de valoriser les ressources nationales et de générer davantage de valeur ajoutée.
Le ministre de l’Industrie, Farid Kourtel, a présenté, hier, devant la commission des finances et du budget de l’Assemblée populaire nationale (APN), les orientations stratégiques et les principales priorités de son secteur pour l’exercice 2027.
Le projet de budget prévoit 7,14 milliards de dinars en autorisations d’engagement et 40,54 milliards de dinars en crédits de paiement. Il accorde une attention particulière à l’achèvement des projets en cours, au foncier industriel et au renforcement de l’intégration industrielle locale.
La stratégie du secteur repose notamment sur l’amélioration de la compétitivité des entreprises, le développement de l’investissement, la modernisation de l’environnement des affaires, le renforcement de la sous-traitance industrielle, ainsi que la promotion de l’innovation et de la propriété industrielle. Le développement des infrastructures de qualité et la modernisation de la gestion administrative figurent également parmi les axes retenus.
Le budget proposé pour 2027 enregistre une baisse de 13,9 % des crédits de paiement par rapport à 2026, où ils s’élevaient à 47,11 milliards de dinars. Selon le ministre, cette évolution intervient dans un contexte de discipline budgétaire renforcée, marqué par la priorité accordée à l’achèvement des projets en cours et à la préservation des équilibres des finances publiques.
Dans ce cadre, le ministère privilégie la poursuite et l’achèvement des opérations déjà engagées plutôt que le lancement de nouveaux projets d’investissement. Ainsi, 96,4 % des crédits de paiement destinés à l’investissement sont réservés aux opérations en cours, contre 0,5 % pour les nouvelles opérations, principalement consacrées aux études.
Les dépenses d’investissement s’élèvent à 34,65 milliards de dinars en crédits de paiement, soit 85,5 % du budget global du ministère. Les autorisations d’engagement correspondantes s’établissent à 1,25 milliard de dinars.
Cette orientation vise à accélérer la réalisation des projets engagés et à réduire les délais de livraison des infrastructures industrielles, tout en limitant les nouveaux engagements financiers.
Six priorités pour l’exercice 2027
Le ministre a défini six priorités pour le secteur en 2027 : l’achèvement et la régularisation des opérations en cours, la levée des contraintes liées au foncier industriel, l’approfondissement de l’intégration industrielle et de la sous-traitance, le renforcement des infrastructures de qualité, la promotion de l’innovation et de la propriété industrielle, ainsi que la modernisation de la gestion administrative.
Concernant le foncier industriel, le ministère prévoit d’accélérer l’aménagement des zones industrielles et des zones d’activités. La superficie aménagée devrait ainsi passer de 443,1 hectares à 738,5 hectares en 2027, soit une augmentation de 295,4 hectares.
Le programme prévoit également de doubler le nombre de PME bénéficiaires du dispositif d’accompagnement, pour le porter de 100 à 200 entreprises. Le nombre d’entreprises de sous-traitance concernées devrait, quant à lui, passer de 25 à 50.
En matière de gestion, le département ministériel vise un taux d’exécution budgétaire de 95 % et une amélioration de l’indicateur de maîtrise des dépenses, avec un objectif de réduction de 4,7 %.
Des mesures fiscales
Le projet de loi de finances (PLF) pour 2027 prévoit des mesures fiscales destinées à soutenir la sous-traitance industrielle. Celles-ci portent sur l’exonération des droits de douane et de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) applicables aux composants et aux matières premières importés ou acquis localement et destinés aux sous-traitants des industries mécaniques, électroniques et électriques.
Ces dispositions visent à réduire les coûts de production des entreprises concernées, à renforcer leur compétitivité et à favoriser le recours aux fournisseurs locaux. Elles s’inscrivent dans l’objectif d’approfondissement de l’intégration industrielle nationale et de développement des chaînes de production locales.
Le ministère entend également poursuivre les efforts visant à améliorer le climat des affaires, notamment à travers la numérisation des procédures, la simplification du traitement des dossiers d’investissement et l’amélioration de l’accès au foncier économique.
Le renforcement des infrastructures de qualité constitue un autre axe du programme pour 2027. Le secteur prévoit notamment de porter le nombre d’organismes accrédités de huit actuellement à 25, tandis que celui des entreprises accréditées devrait passer de 33 à 62.
Ces objectifs doivent contribuer à améliorer la conformité des produits industriels aux normes requises et à faciliter leur accès aux marchés nationaux et internationaux, notamment dans le contexte du développement des échanges commerciaux africains.
Le ministère entend également consolider les dispositifs d’accompagnement des PME, soutenir leur modernisation et encourager la protection de l’innovation grâce au développement de la propriété industrielle. Ces actions concernent notamment les entreprises, les start-up et les établissements universitaires.
Contribuer à la croissance économique
Dans son exposé, le ministre a rappelé que la politique industrielle s’inscrit dans l’objectif de porter la contribution de l’industrie à 13 % du produit intérieur brut (PIB) à l’horizon 2027, conformément aux orientations nationales en matière de souveraineté économique.
Le développement des industries agroalimentaires, de la chimie et de la pharmacie, ainsi que la valorisation des ressources locales et le développement de l’industrie minière, figurent parmi les principaux leviers retenus pour soutenir cette dynamique.
Le programme prévoit ainsi de mobiliser les capacités nationales, d’orienter les investissements vers les filières à forte valeur ajoutée et de favoriser progressivement la production et l’exportation de biens transformés.
I. Khermane
