Alors que la révision exceptionnelle des listes électorales vient de débuter, la nouvelle direction de l’Anie ouvre le dialogue avec les partis, qui placent déjà la transparence, l’égalité des chances et la clarté des règles au cœur de leurs attentes.
La révision exceptionnelle des listes électorales a débuté hier, marquant la première étape concrète du processus devant conduire aux élections des membres des Assemblées populaires communales (APC) et de wilaya (APW), prévues le 28 novembre prochain. Parallèlement, les partis politiques accélèrent leurs préparatifs et commencent à arrêter leurs stratégies ainsi que leurs listes de candidats.
Le compte à rebours est désormais lancé. Conformément au décret présidentiel n°26-284 du 29 août 2026 portant convocation du corps électoral, la période de révision exceptionnelle des listes électorales s’étendra du 6 au 17 septembre.
Cette opération doit permettre aux citoyens non inscrits, ainsi qu’aux jeunes ayant atteint l’âge de 18 ans révolus le jour du scrutin, de s’inscrire auprès de leur commune de résidence, sous réserve de remplir les conditions légales.
Les électeurs ayant changé de domicile sont, pour leur part, invités à se rapprocher de la commission chargée de la révision des listes électorales de leur nouvelle commune de résidence afin d’y effectuer leur inscription.
Les démarches peuvent également être effectuées ou vérifiées en ligne à travers le service mis à disposition par l’Autorité nationale indépendante des élections (Anie). Les bureaux des commissions communales restent ouverts durant toute la période de révision, de 9h à 16h30.
L’Autorité électorale ouvre le dialogue avec les partis
Parallèlement à cette opération administrative, l’Autorité nationale indépendante des élections entend renforcer ses échanges avec les acteurs politiques. Elle a annoncé samedi qu’elle recevra successivement les différentes formations politiques, selon un calendrier fixé par son président.
Ces rencontres doivent notamment permettre de recueillir les préoccupations et les observations des différents partenaires impliqués dans le processus électoral, en particulier celles des partis politiques, considérés comme des acteurs essentiels de la compétition électorale.
Cette démarche intervient alors que l’Autorité entame une nouvelle étape dans la préparation des élections locales. La nomination de Saâd Arous à sa tête, en remplacement d’Abdelkrim Khalefane, qui assurait l’intérim, intervient dans un contexte de réorganisation de l’institution et d’adaptation de son fonctionnement aux nouvelles dispositions du code électoral.
Le changement à la tête de l’Autorité est ainsi appelé à accompagner la mise en œuvre des réformes introduites dans le cadre juridique électoral. Il constitue également un premier test pour la nouvelle direction, appelée à assurer la préparation d’un scrutin local impliquant un nombre important de candidats, de collectivités et d’acteurs politiques.
Les partis attendent des garanties
Au-delà du changement à la tête de l’Anie, les formations politiques suivent particulièrement la manière dont la nouvelle direction entend conduire les différentes étapes du processus électoral.
Pour plusieurs partis, les principaux enjeux concernent notamment le dialogue avec les acteurs politiques, l’égalité entre les candidats, la clarté dans l’application des règles électorales et la transparence dans la gestion du scrutin.
Le Mouvement El-Bina El-Watani a notamment estimé que cette nouvelle étape devait être l’occasion d’améliorer le fonctionnement de l’Autorité et de renforcer la confiance dans le processus électoral. La formation a insisté sur le développement des mécanismes de communication avec les partis et les candidats, ainsi que sur le respect du principe d’égalité des chances entre les concurrents.
Le mouvement a également plaidé pour l’instauration d’un dialogue régulier et responsable entre l’Anie et les formations politiques, considérant qu’une telle démarche ne remettrait pas en cause l’indépendance de l’Autorité ni ses prérogatives. Pour le parti, un dialogue institutionnel peut au contraire contribuer à clarifier l’interprétation des textes et à éviter les divergences concernant les procédures électorales.
De son côté, le parti SawtEchaâb a accueilli favorablement la nomination de Saâd Arous. Son président, Lamine Osmani, l’a notamment présenté comme un «homme de loi», en référence à son parcours et à une expérience professionnelle antérieure commune.
À mesure que s’approche l’échéance du 28 novembre, la révision des listes électorales, le dialogue engagé avec les partis et la préparation des candidatures constituent ainsi les premières étapes d’un processus appelé à s’intensifier dans les prochaines semaines.
I. Khermane
