L’été 2026 restera dans les annales. L’Algérie fait face à une vague d’incendies sans précédent depuis le début du mois de juillet 2026.
Les menaces estivales majeures, illustrées par les vagues de chaleur, les incendies de forêt ou les risques routiers accrus ont rendu cette année l’été particulièrement «dangereux». Hausse des températures, multiplication des incendies ravageant les régions et les zones sensibles et une inquiétante augmentation des accidents sur les routes, l’Algérie traverse une canicule qui dure depuis presque un mois.
Dans le même temps, des incendies d’une ampleur exceptionnelle ravagent plusieurs régions : des hectares sont partis en fumée, soit davantage que sur l’ensemble du mois de juillet l’an dernier. En vingt jours, la Protection civile a recensé 1 968 incendies, dont 465 feux de forêt répartis sur 35 wilayas et 972 feux de cultures agricoles touchant 47 wilayas.
Aux côtés des 19.000 agents de la Protection civile et de l’armée, des milliers de citoyens se sont mobilisés spontanément, armés de branches, de tuyaux et de simples seaux, pour sauver leurs villages et leurs forêts. Des avions bombardiers d’eau et des hélicoptères ont été engagés dans les opérations d’extinction, notamment dans les zones difficiles d’accès. Les wilayas du Nord, caractérisées par une couverture végétale plus dense et par des forêts de chêne-liège centenaires, figurent parmi les zones les plus durement touchées par ces sinistres, comme les massifs forestiers de Kabylie, de l’Edough près d’Annaba et des monts de Collo ont été particulièrement affectés par les flammes.
La comparaison avec l’année dernière révèle l’ampleur exceptionnelle de la catastrophe. Depuis le mois de mai, l’Algérie a enregistré 3.719 incendies, contre 1.501 à la même période en 2025, soit plus du double. Les dégâts matériels sont tout aussi préoccupants : plus de 1.666 ha de végétation ont été détruits depuis mai 2026, contre seulement 467 ha l’année précédente.
L’origine criminelle de certains incendies a été confirmée par les enquêtes menées par les services de sécurité. Quatre personnes soupçonnées d’actes de pyromanie ont été écrouées, laissant entrevoir une dimension intentionnelle dans cette catastrophe écologique et humaine.
Les autorités ont renforcé la surveillance et les patrouilles préventives dans les zones forestières à risque, tout en appelant la population à la plus grande vigilance. Les investigations se poursuivent pour identifier d’éventuels autres responsables et comprendre les motivations derrière ces actes criminels qui aggravent un contexte déjà critique. Des sanctions sévères sont prévues par le code pénal algérien pour les auteurs d’incendies volontaires, pouvant aller jusqu’à la réclusion criminelle à perpétuité.
La Protection civile continue de surveiller étroitement l’évolution de la situation météorologique et forestière, tandis que les populations des zones à risque sont invitées à respecter scrupuleusement les consignes de sécurité. Sur un autre registre, depuis le début de la saison estivale, près de 240 personnes ont perdu la vie et plus de 10.900 autres ont été blessées dans des accidents de la circulation à travers le pays.
Alors que ce mois de juillet s’achève avec son lot de drames, le mois d’août commence avec une alerte à la canicule dans plusieurs régions d’Algérie. Des températures extrêmes sont, en effet, attendues.
H. Adryen
