Les juges de la chambre d’accusation de la cour de Sidi Bel Abbès ont confirmé les ordonnances rendues par le doyen des juges d’instruction du tribunal de la même juridiction.
Celui-ci avait récemment placé sous contrôle judiciaire l’actuel bâtonnier et son prédécesseur, tous deux poursuivis dans une affaire de gestion jugée irrégulière au sein du barreau de Sidi Bel Abbès. Les deux responsables sont visés par plusieurs chefs d’inculpation à caractère pénal, parmi lesquels: abus d’autorité, trafic d’influence, détournement et dilapidation de deniers publics, usage des fonds du barreau à des fins personnelles, faux et usage de faux dans des documents administratifs et officiels et abus de confiance. Selon les enquêteurs, les faits reprochés seraient directement liés à la gestion interne du barreau durant leurs mandats respectifs.
Plainte du Conseil de l’ordre
L’instruction judiciaire avait été déclenchée à la suite d’une plainte déposée par des membres du Conseil de l’ordre des avocats de Sidi Bel Abbès. Ces derniers dénonçaient une gestion « anarchique » et le gaspillage de ressources financières dans des projets qualifiés de fictifs et jamais concrétisés. Ils accusaient également les deux anciens responsables d’avoir détourné les cotisations versées par les avocats. Contestant ces accusations, les inculpés avaient introduit un appel visant à annuler l’ordonnance plaçant les deux responsables sous contrôle judiciaire. La chambre d’accusation a finalement confirmé la mesure.
Dans le cadre de ce contrôle judiciaire, ils sont soumis à une interdiction de quitter le territoire national et doivent se présenter une fois par semaine devant le doyen des juges d’instruction pour signer le registre de présence. L’affaire devrait être confiée au président du pôle spécialisé dans le traitement des infractions économiques et financières, qui pourrait être amené à juger les deux prévenus. Par ailleurs, l’Union nationale des avocats algériens et le Trésor public ont annoncé leur intention de se constituer parties civiles, afin d’obtenir réparation des préjudices financiers qu’ils estiment avoir subis.
R. H.
