La conférence nationale sur l‘agriculture qui doit s’ouvrir demain au Centre international des conférences (CIC) devrait se pencher sur une nouvelle stratégie agricole pour les cinq années à même de garantir dans les années proches une sécurité alimentaire au pays.
Pour cela, des experts nationaux et internationaux tenteront de cerner les différents aspects de cette stratégie dont les contours ont été peu ou prou définis jeudi dernier par le nouveau ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Yacine El-Mahdi Oualid, lors d’une plénière à l’APN. Cette stratégie repose sur plusieurs axes : la préservation des ressources naturelles, l’intégration des énergies renouvelables et des techniques modernes, la simplification des procédures administratives et la sécurisation des investisseurs agricoles à travers de nouveaux cadres juridiques et réglementaires. Selon le ministre, l’Algérie commencera, dès l’année prochaine, à récolter les premiers fruits des grands investissements engagés dans le secteur agricole. Ces efforts visent à bâtir une agriculture moins dépendante des aléas climatiques et à poser les bases d’une agriculture durable et orientée vers le marché, a-t-il ajouté. Yacine El-Mahdi Oualid a ainsi mis en avant le développement des cultures stratégiques dans le Sud, notamment les céréales, les légumineuses sèches, les oléagineux, le lait et la viande.
Une superficie de plus de 444.000 hectares a d’ores et déjà été attribuée, dont 209.000 à des entreprises nationales et étrangères soumises à la loi algérienne. Pour soutenir ces programmes, plusieurs licences d’engagement (autorisations budgétaires officielles permettant au ministère de lancer la réalisation de projets agricoles avant le déblocage effectif des fonds) ont été enregistrées, notamment pour les wilayas du Sud. Répartis sur 14 wilayas, ces projets bénéficient d’une enveloppe de 7,3 milliards de DA, actuellement en cours de mise en œuvre. L’un des volets majeurs de la stratégie, a ajouté le ministre, concerne le raccordement des exploitations agricoles au réseau électrique. A ce jour, 48.710 exploitations ont été connectées, couvrant 29.238 km de réseau électrique, pour un investissement de plus de 112 milliards de DA. Une enveloppe supplémentaire de 23,6 milliards de DA a été consacrée à cette opération dans 10 wilayas pour la modernisation du secteur, a-t-il ajouté. Sur le plan financier, le ministère a renforcé son soutien aux agriculteurs à travers des subventions, des prêts bonifiés et de nouveaux dispositifs de financement, tels que le crédit refroidissement, sans intérêt, destiné à la construction de chambres froides de 300 à 500 m³, remboursables sur dix ans. Le ministre a également précisé que le budget consacré au soutien des agriculteurs est ainsi passé de 58,5 milliards DA en 2023 à 166 milliards en 2024, puis 82 milliards en 2025.
Afin d’améliorer la gestion des récoltes et réduire les coûts de transport, le ministère a lancé un vaste programme de renforcement des capacités de stockage avec 30 silos de 100.000 tonnes chacun, 350 centres de collecte de proximité d’une capacité de 5.000 tonnes, dont 232 déjà réalisés. Ces infrastructures permettront de rapprocher les zones de production des points de collecte de l’Office algérien des céréales (OAIC). Parallèlement à cela, une commission nationale de la filière viande rouge a été installée, réunissant les représentants professionnels et les institutions concernées. Elle a élaboré un plan national visant à moderniser la production, renforcer la santé animale et structurer le marché du bétail. A une question sur l’autosuffisance agricole, le ministre a détaillé la stratégie mise en œuvre par son département pour moderniser et dynamiser le secteur, pilier essentiel de la sécurité alimentaire du pays. Notre ministère a pris un ensemble de mesures sur le terrain et sur le plan organisationnel pour augmenter la production, réduire la facture des importations alimentaires et ouvrir de nouvelles perspectives d’exportation, a-t-il souligné.
Abordant la transformation numérique du secteur, le ministre a déclaré que plusieurs plateformes digitales ont été développées pour suivre en temps réel les contraintes, identifier les besoins en intrants et équipements et mesurer les quantités produites pour chaque filière agricole.
Mahmoud Tadjer
