Le procès de l’ex-wali délégué de la circonscription administrative de Bir Mourad Raïs, Dliba Abdelaziz, qui devait s’ouvrir hier devant le tribunal de Sidi M’hamed à Alger, a été renvoyé au 21 octobre prochain. Ce report a été décidé à la demande des avocats de la défense, qui ont sollicité un délai supplémentaire pour mieux préparer leurs plaidoiries. L’absence de plusieurs témoins cités dans cette affaire a également motivé l’ajournement. Selon la défense, leur audition pourrait modifier de manière significative le cours du procès.
L’ancien responsable administratif de Bir Mourad Raïs sera jugé devant le pôle pénal économique et financier du tribunal de Sidi M’hamed pour des accusations lourdes : abus de pouvoir, trafic d’influence, détournement et dilapidation de deniers publics, ainsi qu’utilisation de la fonction à des fins personnelles. L’enquête sur Dliba Abdelaziz remonte à sa période de fonction, entre 2021 et juillet 2023. Après son arrestation, il a été initialement présenté devant le parquet du tribunal de Bir Mourad Raïs, qui s’est dessaisi du dossier au profit de celui de Chéraga, avant que l’affaire ne soit transférée au tribunal de Médéa. Ce dernier a demandé l’ouverture d’une enquête judiciaire, à l’issue de laquelle l’ex-wali délégué a été placé sous contrôle judiciaire, avec interdiction de quitter le territoire national et confiscation de son passeport. Ces mesures ont été décidées sur la base d’éléments transmis par l’ex-chef de la sûreté de daïra de Bir Mourad Raïs, Ferrah Ali, lequel avait informé l’ancien directeur général de la Sûreté nationale, Bencheikh, aujourd’hui incarcéré par la justice militaire pour trahison et espionnage au profit d’un pays étranger. Les avocats de la défense de Dliba Abdelaziz affirment que leur client fait les frais de dépassements administratifs imputables à d’autres responsables et qu’il est poursuivi notamment pour enrichissement illicite, abus d’autorité et trafic d’influence. Il lui est aussi reproché de ne pas avoir exécuté certaines décisions émanant des services d’urbanisme de Bordj El Kiffan. Par ailleurs, deux élus des communes de Saoula et de Gué de Constantine ont décidé de retirer leurs plaintes déposées auparavant contre l’ex-wali délégué.
Ce retrait a conduit le juge d’instruction du tribunal de Médéa à renvoyer le dossier devant le président du pôle pénal de Sidi M’hamed, compétent pour les affaires de malversation et de corruption. Dans la perspective de son procès, Dliba Abdelaziz compte désormais constituer un nouveau conseil de défense, faisant appel à un avocat membre du Conseil de l’ordre des avocats d’Alger.
R.H.
