Sauf changement de dernière minute, le procès de l’ancien wali délégué de la circonscription administrative de Bir Mourad Raïs, Abdelaziz Dliba, s’ouvrira ce lundi devant le pôle pénal économique et financier du tribunal de Sidi M’hamed à Alger. Cette comparution très attendue s’inscrit dans le cadre d’une vaste enquête portant sur des faits présumés de malversations, de détournement de deniers publics et d’abus d’autorité.
Selon des sources judiciaires, l’affaire concerne des irrégularités relevées dans la gestion de projets publics et dans l’octroi de marchés au niveau de la circonscription que dirigeait le mis en cause. Les investigations menées par les services spécialisés auraient mis en lumière un ensemble de pratiques douteuses, allant de la surfacturation de projets à la conclusion de marchés de gré à gré, en passant par l’attribution de parcelles et de logements sociaux en violation des procédures légales.
L’ex-wali délégué, limogé dans le cadre du vaste mouvement de responsabilité qui a touché plusieurs responsables locaux, a été placé sous contrôle judiciaire à l’issue de son audition initiale par le juge d’instruction. Plusieurs cadres de la wilaya, ainsi que des opérateurs économiques, figurent également dans le dossier. Certains d’entre eux comparaîtront aux côtés de l’ancien responsable, poursuivis pour complicité, corruption active et obtention indue d’avantages.
Ce procès s’inscrit dans la continuité des actions judiciaires lancées depuis quelques années contre de nombreux responsables locaux et nationaux. L’objectif affiché des autorités est de lutter contre la corruption et de restaurer la confiance des citoyens dans la gestion publique. Cependant, comme dans d’autres affaires similaires, la défense de l’ancien wali délégué entend démontrer que les faits reprochés ne relèvent pas de la corruption mais de simples « irrégularités administratives » exploitées à des fins politiques.
Lors des audiences, le juge devra examiner en détail les documents et contrats mis en cause, ainsi que les témoignages de cadres de l’administration et de bénéficiaires de programmes de logement. La défense insiste notamment sur le fait que certaines décisions contestées avaient été prises dans le cadre d’instructions hiérarchiques et que l’accusé n’aurait pas agi pour son enrichissement personnel.
Pour les observateurs, ce procès illustre les tensions récurrentes entre l’administration locale et la justice, surtout dans des circonscriptions stratégiques comme Bir Mourad Raïs, au cœur de la capitale. Le verdict attendu sera scruté de près, non seulement pour son incidence sur la carrière et l’avenir de M. Dliba, mais aussi pour le message qu’il enverra quant à la fermeté de la lutte contre la corruption au niveau local.
R.H.
