Le ministre de la communication a appelé les médias à traiter la question de l’Amazighité avec une rigueur et une éthique irréprochables.
Une convention de coopération a été signée, hier, entre le ministère de la Communication et le Haut-Commissariat à l’Amazighité (HCA), à l’occasion d’un colloque scientifique organisé au siège du ministère.
Cet accord, paraphé par le ministre de la Communication, Zoheir Bouamama, et le secrétaire général du HCA, Si El Hachemi Assad, vise à renforcer et à élargir l’usage de la langue amazighe dans la production médiatique, en consolidant sa place en tant que langue de communication à part entière sur l’ensemble des supports médiatiques.
Placée sous le thème « Amazighité et cohésion nationale : contributions institutionnelles, académiques et médiatiques », la rencontre a réuni des experts et des chercheurs en histoire et en linguistique. Les différentes interventions ont mis en lumière l’évolution de la langue amazighe à travers les âges, ainsi que son rôle fondamental dans la construction de l’identité nationale algérienne.
L’unité nationale face aux tentatives de division
Dans son allocution, le ministre de la Communication a mis l’accent sur la portée stratégique de cette convention, qu’il a qualifiée d’acte concret en faveur de l’unité nationale. Il a affirmé que l’Algérie demeure « plus forte que toutes les tentatives de division », soulignant que les discours visant à opposer les composantes de l’identité nationale ne sauraient ébranler la cohésion du peuple algérien.
Pour Bouamama, la diversité linguistique et culturelle constitue un rempart contre toute tentative de séparation et un facteur de solidité nationale. « Notre diversité est une richesse dont nous sommes fiers ; elle n’a jamais été un défaut, sauf dans l’esprit de ceux qui manquent de vision et d’ouverture. L’amazighité ne se discute pas, elle se respecte, et les médias ont la responsabilité de traiter cette question avec professionnalisme et sens des responsabilités », a-t-il déclaré.
Le ministre a rappelé que l’amazighité n’a jamais été une simple question géographique, mais une histoire, une identité et un ensemble de valeurs profondément ancrées dans la société algérienne. Aux côtés de la langue arabe, la langue amazighe constitue, selon lui, un pilier fondamental de l’identité nationale, et l’unité du pays se construit à travers la reconnaissance et la valorisation de cette diversité.
Il a ajouté que l’unité nationale est plus forte que les manœuvres de certains fauteurs de division, plus sincère que leur vacarme et plus durable que leurs calculs étroits, soulignant que l’identité algérienne demeure un pont d’unité et de cohésion entre tous les enfants du pays.
Promouvoir l’amazighité dans les médias
Dans ce contexte, Zoheir Bouamama a mis en avant les efforts déployés par son département pour promouvoir l’usage de la langue amazighe dans le secteur des médias, notamment à travers le soutien au contenu médiatique en amazigh, la formation des professionnels et l’élargissement des espaces de diffusion. La convention signée vient ainsi donner une nouvelle impulsion à cette dynamique. Il a également souligné le rôle majeur joué par le Haut-Commissariat à l’Amazighité depuis sa création en 1995 dans la valorisation de cette langue.
Le ministre a également présenté ses sincères condoléances au secrétaire général du Haut-Commissariat à l’Amazighité, Si El Hachemi Assad, suite au décès de son père, lui exprimant sa compassion et sa solidarité en cette douloureuse circonstance.
Citant une célèbre pensée de Gandhi, Bouamama a rappelé que « Il n’y a pas de chemin vers la patrie, la patrie est le chemin », ajoutant que « l’Algérie est le chemin », en référence à l’engagement collectif nécessaire pour préserver l’unité, la souveraineté et l’identité nationale.
L’amazighité : un droit constitutionnel
De son côté, Si El Hachemi Assad a souligné l’importance de la préservation de la langue amazighe aux côtés de la langue arabe, estimant que les deux langues constituent un socle complémentaire et indissociable de l’identité algérienne. Il a rappelé qu’à l’approche du Nouvel An amazigh, Yennayer – que le Président de la République veille à soutenir et à honorer comme un événement culturel national important incarnant l’unité nationale et l’identité algérienne –, cet événement est célébré par les Algériens à l’échelle nationale. « L’amazighité est ainsi un droit linguistique constitutionnel du citoyen, un vecteur essentiel de la production culturelle et intellectuelle, et un facteur de renforcement du sentiment d’appartenance collective », a-t-il estimé.
Il a également indiqué que cette rencontre revêt une dimension particulière, dans la mesure où elle met en lumière l’expérience de la coopération institutionnelle, notamment dans le secteur stratégique de la communication. À ce titre, il a cité la création d’une chaîne de télévision dédiée à l’amazighité, l’élargissement de la diffusion radiophonique régionale, ainsi que la formation des journalistes et des traducteurs, autant d’étapes clés dans le processus de consolidation de la présence de la langue amazighe dans l’espace public.
K.Z.
