L’univers du paiement par facilité est souvent associé à des pratiques douteuses, mais le scandale révélé par le président de l’Association pour la protection des consommateurs et l’environnement (APOCE), Mustapha Zebdi, dépasse tout entendement.
En effet, sur sa page officielle, Mustapha Zebdi a révélé que «certains magasins, sous couvert de vente par facilités, auxquels des citoyens ont recours en cas de besoin urgent (voyages, événement familial, opération chirurgicale…), accordent des prêts contre remise de chèques de garantie avec un accord de remboursement mensuel jusqu’à l’acquittement complet de la dette, majorée des frais de commission. Si jusque là, tout semble admissible, en ce sens que le paiement de la dette est étalé sur plusieurs échéances, ces «usuriers» se permettent de «prélever des montants faramineux qui peuvent atteindre la totalité du salaire mensuel des victimes», a révélé Mustapha Zebdi. Et l’arnaque ne s’arrête pas là, puisque ces usuriers continuent de prélever des sommes considérables des comptes de leurs débiteurs, confortés du fait qu’ils n’oseront pas porter plainte, en raison du contenu de l’article 374 du code pénal qui stipule que «quiconque émet, accepte ou endosse un chèque à la condition qu’il ne soit pas encaissé immédiatement mais à titre de garantie est passible d’une peine d’emprisonnement d’un à cinq ans ainsi que d’une amende».
De plus, selon Mustapha Zebdi, ces usuriers escrocs ciblent soigneusement leurs victimes parmi celles occupant des postes sensibles afin de les mettre dans l’embarras et de s’assurer qu’elles n’oseront pas porter plainte. Au-delà de la gravité des faits, l’on se pose la question de savoir pourquoi l’Association APOCE, pourtant habilitée à représenter et à défendre les consommateurs algériens, y compris devant les tribunaux, ne fait que rapporter les faits au lieu de recourir à la justice pour défendre les intérêts moraux des victimes ? Dans un souci de clarification, Crésus a contacté hier le président de ladite Association, Mustpaha Zebdi, qui a indiqué à ce sujet qu’un engagement de l’action publique «doit se faire par les personnes lésées ayant subi ce préjudice et cette escroquerie».
Quant aux prérogatives de l’Association qu’il préside, notre interlocuteur a précisé que «l’APOCE peut se constituer civile». «Certes, c’est une situation qui nous interpelle au plus haut point, mais nous espérons que dans les modifications de la loi relative à la protection des consommateurs, les Associations chargées de défendre leurs intérêts puissent engager l’action publique sans être accompagnées par les personnes concernées par l’objet du délit», précise-t-il. «Il y a donc un vide juridique raison pour laquelle l’APOCE n’a pas pu entamer une procédure judicaire», a-t-il justifié en précisant que «ceci est également valable pour des dizaines d’autres affaires».
Désireux de connaître l’identité de quelques victimes que le statut social a empêché de porter plainte, Mustapha Zebdi a affirmé que «ce sont des personnes qui ne peuvent se permettre de s’identifier et saisir la justice en raison de leurs postes sensibles. Raison pour laquelle, la passivité de ces victimes silencieuses ou si vos préférez ces victimes vulnérables encourage ces escrocs à continuer à sévir au grand jour, sans être inquiétés». Faute de ne pouvoir porter plainte contre ces commerçants véreux, en l’absence du plaignant, Mustapha Zebdi a appelé les victimes à «prendre attache avec notre Association, en toute confidentialité, pour faire tomber ce gang criminel», a-t-il conclu.
Ferhat Zafane
