Le premier secrétaire national du Front des forces socialistes (FFS), Youcef Aouchiche, a insisté, lors d’un rassemblement national tenu hier, sur l’urgence de reconstruire une confiance profonde au sein de son parti. Pour lui, «le véritable défi est avant tout interne».
Dans un discours consacré aux situations nationale et internationale, le responsable politique a appelé à une mobilisation fondée sur «la conscience et la confiance». Il a qualifié cette rencontre d’«étape sérieuse» visant à évaluer la performance des structures locales et à mesurer leur capacité de mobilisation, à l’approche des prochaines législatives et locales.
Replaçant ces échéances dans leur contexte global, Youcef Aouchiche a estimé que «le monde est à un tournant historique», désormais dominé par «le principe de puissance». Il a dénoncé une «tendance impérialiste avide de domination», dénonçant le détournement du droit international et des institutions multilatérales.Youcef Aouchichea décrit une scène internationale «troublée», marquée par la multiplication des conflits, la montée des tensions et un climat d’incertitude généralisé. «Un monde qui s’érode sous le poids de la résignation», a-t-il résumé.
Restaurer la confiance
Au plan national, Youcef Aouchiche a mis l’accent sur la nécessité de bâtir «une véritable immunité nationale», fondée sur l’engagement citoyen, la souveraineté et l’ouverture politique.
Il a mis en garde contre «la tendance autoritaire dans la gestion des affaires publiques», estimant qu’elle affaiblit la relation entre l’État et la société et réduit la capacité du pays à faire face aux défis stratégiques.
Dans cette optique, il a plaidé pour «une rupture profonde avec les politiques actuelles» afin de «raviver l’espoir et reconstruire la confiance», notamment en mettant fin à «la marginalisation des forces vives de la nation».
Des élections sous conditions
Abordant les prochaines échéances électorales, le même responsable a affirmé qu’elles doivent constituer
«une occasion de redonner un sens à l’action politique» et non «un simple exercice formel».
Il a conditionné leur crédibilité par «des garanties de transparence, d’intégrité et d’égalité des chances», estimant que «la volonté populaire ne peut s’exprimer sans liberté d’expression ni respect des règles d’une compétition équitable».
Il a également dénoncé plusieurs dysfonctionnements, évoquant des «conditions complexes» de participation, notamment la collecte de signatures, un «déséquilibre dans la couverture médiatique» et un processus qu’il juge «biaisé dès le départ».
Une bataille de conscience et de confiance
Malgré ces critiques, le FFS a décidé de prendre part aux élections. Une participation que Youcef Aouchiche justifie par la nécessité de «réhabiliter l’action politique» et de «reconquérir les espaces démocratiques».«Nous entrerons dans cette échéance avec lucidité et détermination», a-t-il assuré, promettant de porter «la voix du peuple» et de renforcer la présence du parti sur l’ensemble du territoire national ainsi qu’au sein de la diaspora.
Le responsable politique a, par ailleurs, réaffirmé les grandes lignes du projet du FFS, articulé autour de l’édification d’un État de droit, de la justice sociale, d’une économie productive et indépendante, ainsi que d’une société fondée sur la dignité et l’égalité.
En conclusion, Youcef Aouchiche a lancé un appel aux citoyens, les exhortant à «briser le mur de l’indifférence» et à s’impliquer activement dans la vie politique.
«C’est une bataille de conscience et de confiance, et c’est ensemble que nous la mènerons», a-t-il affirmé, estimant que l’avenir du pays repose sur «la volonté, l’action et la responsabilité de chacun».
K. Zemmouri
