Le Front des Forces Socialistes (FFS) a organisé, hier, une Rencontre nationale sur l’éducation, placée sous le thème évocateur : «Pour une école moderne au service du savoir et du progrès». À travers cet événement, le parti affirme sa volonté de placer la réforme du système éducatif au cœur du débat national.
Dans son discours d’ouverture, le premier secrétaire national du FFS, Youcef Aouchiche, a dressé un diagnostic sans concession de l’état de l’école algérienne qu’il trouve désastreux. «Depuis l’indépendance, notre pays n’est pas parvenu à construire un système éducatif à la hauteur des grandes missions qui doivent être celles d’une école publique et républicaine», a-t-il déclaré. Le dirigeant du FFS a pointé du doigt une école encore dominée par des pratiques pédagogiques dépassées, «centrées sur la mémorisation mécanique et en décalage par rapport aux normes d’apprentissage moderne, qui ont fait leurs preuves à travers le monde». Ceci, a-t-il noté en dépit des «nombreuses réformes entreprises au fil des décennies».
Selon lui, ces réformes ont échoué à apporter un changement structurel durable. Pire, déplore-t-il, le secteur de l’éducation est souvent «instrumentalisé» et devenu un terrain d’«affrontements idéologiques, avec des effets destructeurs pour l’avenir de nos enfants et celui de notre nation». Un état de fait qui compromet, selon lui, non seulement la qualité de l’enseignement et de la formation des nouvelles générations, mais également «leurs équilibres social et professionnel».
Une réforme en profondeur exigée
Pour le FFS, l’heure est venue d’engager une réforme profonde, réaliste et inclusive du système éducatif. À travers cette rencontre nationale, le parti ambitionne de «poser une pierre essentielle» pour édifier ensemble une école moderne, «affranchie des boulets idéologiques et des tiraillements politiques, une école au service du savoir, de la science et de la connaissance, du progrès et au service de la nation. «Nos écoles doivent redevenir des espaces de savoir, d’apprentissage, d’exercice de la citoyenneté et d’épanouissement», a martelé Youcef Aouchiche, appelant à l’adaptation du système éducatif aux mutations technologiques, aux défis de la mondialisation, et à la révolution numérique.
Dans un contexte mondial marqué par la révolution numérique, l’intelligence artificielle et la mutation accélérée des économies, le FFS plaide pour une transformation profonde de l’école algérienne. «Nos écoles doivent redevenir des espaces de savoir, d’apprentissage, d’exercice de la citoyenneté et d’épanouissement», affirme le premier responsable du parti. Le FFS revendique ainsi et plaide pour une vision moderne de l’école, qui s’inscrit dans une logique de progrès, de justice sociale et d’ouverture : «Moderniser l’école, c’est aussi l’adapter pleinement à la transition numérique et à la révolution technologique que connaît le monde.» Aouchiche défend une école publique forte, capable de «réduire les inégalités et prévenir l’échec scolaire». Il appelle également à faire de l’éducation un levier d’élévation morale et civique.
Sur le plan économique, l’école doit, selon Aouchiche, former «une jeunesse compétente, qualifiée et polyglotte» capable de s’insérer dans un marché du travail mondialisé. Mais l’école, rappelle-t-il, est aussi un sanctuaire identitaire. Selon lui, l’école algérienne doit jouer pleinement son rôle de «creuset de la personnalité algérienne». «Elle doit enseigner avec fierté notre histoire plurimillénaire, valoriser notre patrimoine, assurer la transmission entre les générations et faire vivre notre pluralité linguistique et culturelle dans un esprit d’unité nationale et de vivre-ensemble». Youcef Aouchiche a rappelé que l’avenir de l’Algérie se joue «dans ses écoles, dans les salles de classe, dans la qualité de l’enseignement, dans la reconnaissance du rôle essentiel des éducateurs». Pour lui, une école forte est le socle d’une société juste, solidaire et créative.
Le FFS a convié à cette rencontre plusieurs personnalités du monde académique et éducatif, dont le professeur Aïssa Kadri, sociologue, et le docteur Karim Khaled, spécialiste des questions sociales, venus enrichir le débat de leurs analyses. Des représentants syndicaux et des enseignants de terrain ont également pris part aux échanges.
Islam K.
