Si l’Algérie a ouvert son marché aux opérateurs étrangers, notamment en matière d’importation, les marchés extérieurs restent clos pour les opérateurs économiques algériens.
Chargé par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, effectue une visite officielle à Kuala Lumpur, capitale de la Malaisie.
Cette visite s’inscrit dans le cadre de la participation du ministre d’État à la cérémonie de signature du document d’adhésion de l’Algérie au Traité d’amitié et de coopération en Asie du Sud-Est (TAC), prévue en marge des travaux de la 58e session de la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN).
Cette adhésion est censée offrir à l’Algérie de nombreux avantages, notamment un renforcement des liens économiques et diplomatiques, l’accès à un marché dynamique et une diversification des partenariats stratégiques, tant l’Asie du Sud-Est est une zone économique en forte croissance, et l’Algérie pourrait bénéficier de son expertise en matière de développement et d’intégration régionale. Parallèlement, l’Algérie est membre de plusieurs institutions régionales et internationales, notamment la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement (BERD) et la Nouvelle Banque de Développement (NBD) des BRICS. L’Algérie est, également, en renégociations des accords avec l’Union européenne. Autant d’adhésion qui pourrait permettre à l’Algérie de tirer parti des capacités de ces organisations régionales.
La réalité des chiffres
A bien des égards, ces adhésions, et compte tenu de l’alignement de leurs intérêts, devraient offrir le potentiel d’un vaste partenariat entre l’Algérie et ces entités régionales. Pour l’heure, leur partenariat se limite essentiellement à la coopération énergétique, bien que les deux parties explorent les moyens de construire sur ces bases. En effet, ces relations ne se développeront que lentement. Point de transferts de technologies, encore moins d’investissements directs. Les chiffres des échanges commerciaux l’attestent.
En 2023, les échanges entre l’Algérie et l’UE se sont élevés à 50,2 milliards d’euros, dont 35,37 milliards d’euros d’exportations algériennes et des importations de 14,91 milliards d’euros. Les importations algériennes en provenance des États membres de l’UE ont totalisé 9,32 milliards d’euros sur les sept premiers mois de 2O24 et les exportations algériennes vers l’UE ont atteint 18,09 milliards d’euros, portant l’excédent de la balance commerciale algérienne à 8,78 milliards d’euros. Un excédent commercial dû essentiellement à la prépondérance des hydrocarbures dans les exportations algériennes, avec une valeur de 33,67 milliards d’euros. En somme, Alger n’a pas tiré profit de l’accord d’association.
Tandis que le volume des échanges commerciaux entre l’Algérie et les pays africains a atteint 4,6 milliards de dollars en 2023. Certes, une croissance de plus de 18% par rapport à l’année précédente, selon les données officielles de l’agence nationale de promotion du commerce extérieur Algex. L’Algérie a exporté pour 2,7 milliards de dollars de biens vers d’autres pays africains et a importé pour 1,87 milliard de dollars de ces pays. Les principaux clients de l’Algérie sur le continent africain sont la Tunisie (1,4 milliard de dollars), l’Afrique du Sud (165,28 millions de dollars) et l’Égypte (143,68 millions de dollars). Concernant les pays asiatiques, et en l’absence de chiffres, la Chine demeure le premier partenaire de l’Algérie avec des échanges commerciaux, en 2004, de 12,5 milliards de dollars.
Des ambitions opposées
Au-delà des chiffres, les ambitions des uns et des autres apparaissent clairement. Si l’Algérie a ouvert son marché aux opérateurs étrangers, notamment en matière d’importation, le contraire n’est pas toujours vrai. Et pour cause, les marchés extérieurs restent clos pour les opérateurs économiques algériens. Les raisons sont diverses. Outre la distance, la qualité et la diversité des produits proposés, ces marchés demeurent quasiment impénétrables au vu de la très forte concurrence exercée par la Chine, la Malaisie et les pays du Moyen-Orient qui proposent des articles moins chers.
A cela s’ajoutent des restrictions douanières, notamment américaines et britanniques, vis-à-vis des produits algériens. En dépit de ces restrictions, l’Algérie peut toujours faire mieux en matière d’exportation. Pour ce faire, il est impératif d’améliorer la qualité de la production nationale, tant la concurrence fait rage sur certains marchés.
Badis B.