Un protocole de coopération a été signé entre la Haute Autorité pour la transparence et la lutte contre la corruption et le ministère de la Justice, dans le cadre de l’unification des efforts en matière de contrôle, de transparence et de transition numérique.
La cérémonie de signature s’est déroulée en marge d’une journée d’étude organisée par la Haute Autorité de transparence, de prévention et de lutte contre la corruption, à l’occasion de la Journée internationale de lutte contre la corruption.
L’objectif de ce protocole est de suivre les plaintes et notifications relatives à des soupçons de corruption, en mettant en relation l’Autorité supérieure avec les parquets compétents via un système informatique.
Placée sous le haut patronage du Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, cette journée d’étude, intitulée « La gouvernance numérique, outil de prévention de la corruption pour une transparence durable », s’est tenue à la Faculté de droit et des sciences politiques de l’Université d’Oran 2 Mohamed Ben Ahmed.
Lors de ce séminaire, la présidente de la Haute Autorité de transparence, de prévention et de lutte contre la corruption (HATPLC), Salima Mesrati, a souligné que cette journée constituait une occasion précieuse d’échanger des points de vue et de partager des expériences afin d’améliorer la qualité des services et de renforcer la lutte contre la corruption dans les administrations publiques et privées, considérant cette lutte comme un devoir patriotique.
Cette journée a également été l’occasion pour Salima Mesrati de livrer quelques chiffres de l’institution qu’elle dirige.
Elle a ainsi révélé que 92,63 % des déclarations de patrimoine ont été enregistrées par des titulaires de postes de haut niveau dans l’État, et plus de 93 % par des élus locaux et parlementaires.
Concernant les signalements de corruption, la présidente de l’HATPLC a indiqué que l’autorité avait reçu 1 530 signalements, dont 1 360 ont fait l’objet d’une enquête, 60 dossiers ont été transmis au parquet, et d’autres à la Cour des comptes. L’autorité a par ailleurs organisé 20 sessions de formation pour 400 cadres et a créé un programme de master universitaire dans quatre disciplines, destiné à 2 300 étudiants.
Aux grands maux, les grands moyens
Cette journée d’étude s’inscrit dans les efforts nationaux visant à promouvoir une culture de bonnes gouvernances à soutenir l’usage des outils numériques pour moderniser l’action publique et prévenir durablement les risques de corruption.
La veille, sur les ondes de la radio nationale, Salima Mesrati avait expliqué que, face à un phénomène en constante mutation, les réponses et solutions doivent être à la hauteur des défis technologiques actuels, précisant qu’avec l’avènement de l’intelligence artificielle et la transformation numérique, la digitalisation n’est plus un choix, mais une obligation.
Pour rappel, l’Algérie dispose actuellement d’un cadre stratégique et institutionnel complet, marqué par l’adoption en 2023 de la première stratégie nationale de transparence, de prévention et de lutte contre la corruption, soit 19 ans après la ratification de la convention des Nations Unies sur ce sujet.
Cette stratégie nationale repose sur cinq objectifs généraux, dix-sept objectifs stratégiques et soixante mesures concrètes à mettre en œuvre d’ici 2027.
Elle constitue une référence obligatoire pour tous les secteurs publics et traduit une forte volonté politique de moraliser la vie publique et de protéger le bien commun.
Saïd S.
