Cette démarche s’inscrit dans une volonté claire des pouvoirs publics de lutter contre l’économie informelle, renforcer la transparence financière et favoriser l’inclusion économique, à travers un arsenal de mesures techniques, législatives et éducatives.
L’Algérie franchit un pas décisif vers la modernisation de son système financier. Les progrès réalisés, depuis 2024, dans l’adoption des paiements électroniques témoignent d’un changement profond des habitudes de consommation et de gestion financière. Cependant, ce processus se doit d’être soutenu par de nouvelles initiatives gouvernementales ambitieuses avec comme objectif de faciliter les transactions bancaires, renforcer l’inclusion financière et réduire l’utilisation des espèces dans les transactions commerciales. Dans cette optique, le ministère des Finances, Abdelkrim Bouzred, a dévoilé la stratégie nationale de développement des moyens de paiement scripturaux, mise en œuvre par le Comité national des paiements. Ce comité a été créé en vertu de la loi monétaire et bancaire du 21 juin 2023 et vise à faciliter les transactions financières et à renforcer l’inclusion financière dans le pays. Dans sa réponse écrite à une question du député, Abderrahmane Salhi, publiée sur la page Facebook du parlementaire, le ministre des Finances détaille les grands axes de cette stratégie. Selon le ministre, le gouvernement cherche à accélérer le rythme de la modernisation des moyens de paiement grâce à une feuille de route à court terme mise en œuvre grâce aux efforts conjugués de toutes les parties prenantes, notamment les ministères, les agences et les institutions, notamment la Banque d’Algérie, Algérie Poste, la Haute Autorité pour la Digitalisation (GEE Monitec), Satim et l’ABEF. Cette feuille de route nationale comprenant 49 mesures exécutives, dont plus de 21 ont été mises en œuvre à ce jour, précise Abdelkrim Bouzred qui ajoute qu’une nouvelle feuille de route est en cours d’élaboration pour intégrer les mesures non encore finalisées de la première phase, tout en proposant de nouvelles mesures considérées comme prioritaires.
Une stratégie ambitieuse
En premier, la feuille de route se concentre sur la mise à jour du cadre réglementaire des opérations de paiement électronique, une étape indispensable pour moderniser des systèmes de paiement. Cette modernisation doit garantir la sécurité des transactions et protéger les acteurs économiques contre les cybermenaces, conformément aux normes internationales et elle se fait à travers l’intégration de nouvelles technologies, les prestataires de services de paiement (PSP) et les banques numériques. La mise à jour du cadre réglementaire va de pair avec la modernisation de l’infrastructure de paiement électronique. Essentielle pour sécuriser et promouvoir l’adoption des paiements électroniques, la modernisation de l’infrastructure passe, selon le ministre, par le développement d’un cadre technique, des investissements dans la cybersécurité et la mise en place de trois Datacenter afin de garantir la résilience du système. L’interopérabilité et l’inclusion financière sont également renforcées avec le lancement du Mobile Switch.
Numérisation des paiements publics
Les mesures comprennent également le développement de solutions de paiement avancées qui contribuent à accélérer les transactions et à améliorer leur sécurité et leur accessibilité. Il s’agit notamment des cartes sans contact, les cartes à débit différé et les cartes virtuelles offrant une meilleure protection grâce au cryptage. Il s’agit également de paiements mobiles, notamment via les QR codes. Cette solution permet de pallier la pénurie de systèmes de paiement électronique (TPE) et de faciliter les paiements, explique le ministre. Autre grand axe de la feuille de route : la numérisation des flux de paiement. Cela repose, selon le ministre, sur la généralisation des paiements électroniques, avec des incitations pour les secteurs public et privé. L’État, de son côté, devra adopter les paiements électroniques pour les factures, impôts et taxes, dans un souci de transparence et d’efficacité. Dans le secteur privé, Abdelkrim Bouzerd ajoute qu’il a été décidé de rendre obligatoire d’installer des moyens de paiement électronique dans les supermarchés et les grandes surfaces, alors les incitations fiscales telles que des réductions de TVA et des exonérations fiscales pour les commerçants et les consommateurs visent à accélérer l’adoption des paiements numériques.
Plus de 20 millions de cartes bancaires
Dans sa réponse écrite au député, le ministre des finances livre les statistiques enregistrées jusqu’à fin avril 2025. Il en ressort que l’Algérie comptait 20.498.350 de cartes dont 16 189 017 Dahabia d’Algérie Poste, 4.309.333 CIB (carte interbancaire) qui sont délivrées par les banques commerciales. Concernant les distributeurs de billets (GAB/DAB), le parc national comprend 4.577 unités ayant totalisé, à fin 2024, 197.323. 075 opérations pour un montant de 3.691 milliards de dinars. Le nombre de dispositifs de paiement électronique (TPE), installés sur le marché national à fin avril 2025, a attient, pour sa part, 77 576 unités. 5 579 708 transactions électroniques ont été enregistrées via ces dispositifs en 2024, pour une valeur totale de 44,5 milliards de dinars algériens.
Saïd S.
