Face à la recrudescence des bandes de quartiers et à leurs conséquences sur la sécurité publique, l’État affiche sa détermination à éradiquer un phénomène devenu l’une des principales préoccupations des citoyens dans plusieurs agglomérations urbaines.
À travers une stratégie nationale ambitieuse couvrant la période 2026-2029, les pouvoirs publics entendent renforcer leur arsenal de prévention et de répression afin de restaurer durablement l’ordre public dans les cités et les quartiers sensibles.
Depuis plusieurs années, les services de sécurité multiplient les opérations contre ces groupes de délinquants qui imposent parfois leur loi dans certaines zones urbaines. Armés de couteaux, de gourdins et parfois accompagnés de chiens dressés à l’attaque, ces individus sont souvent impliqués dans des affrontements violents, des actes d’intimidation, des agressions et diverses formes de nuisance qui alimentent un climat d’insécurité et portent atteinte à la tranquillité des habitants.
Conscient de l’ampleur du phénomène et de ses répercussions sociales, le gouvernement a décidé de passer à une nouvelle étape dans la lutte contre cette forme de criminalité. C’est dans ce cadre que le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, a présidé lundi dernier une réunion de la Commission nationale de prévention et de lutte contre les bandes de quartiers consacrée à l’examen du projet de stratégie nationale 2026-2029.
La sécurité du citoyen, une priorité nationale
Selon un communiqué du ministère, cette feuille de route vise à traiter le phénomène à la fois sur le plan sécuritaire et à travers une approche préventive s’attaquant à ses causes profondes. Le ministre a insisté sur la nécessité d’une mobilisation générale de l’ensemble des acteurs concernés, soulignant que la lutte contre les bandes de quartiers constitue désormais une responsabilité collective.
«La sécurité des citoyens demeure une priorité nationale permanente», a affirmé M. Sayoud, appelant à une adhésion effective des institutions de l’État, des collectivités locales, des secteurs ministériels, de la société civile ainsi que des acteurs de proximité, «compte tenu du rôle essentiel de la sécurité dans le renforcement d’un front intérieur national fort, capable de faire face à toutes les menaces susceptibles de déstabiliser la société».
Il a également plaidé pour le lancement immédiat de campagnes de sensibilisation à grande échelle en attendant l’entrée en vigueur de l’ensemble des mécanismes prévus par la stratégie. Pour Sayoud, «ces actions doivent s’accompagner d’un travail de terrain continu et d’une coordination permanente, notamment par le biais de réunions périodiques régulières, ainsi que d’un renforcement des mécanismes de suivi et d’évaluation».
Pour le ministère de l’Intérieur, il ne s’agit plus seulement de réagir aux actes de violence, mais d’empêcher leur apparition en renforçant les mécanismes d’alerte précoce, le travail de proximité, l’encadrement de la jeunesse et la promotion des valeurs citoyennes. Les autorités estiment que l’évolution rapide des formes de criminalité impose une vigilance constante et une capacité de réaction rapide à tous les niveaux.
Un engagement sans équivoque
La stratégie nationale repose ainsi sur une approche multidimensionnelle associant sécurité, prévention, action sociale et éducation. Elle vise à consolider la présence de l’État dans les quartiers, à renforcer la coordination entre les différents intervenants et à développer des outils permettant d’identifier les facteurs favorisant l’émergence des bandes de quartiers. Cette offensive s’appuie également sur un arsenal juridique particulièrement dissuasif.
Adoptée en 2020, la loi relative à la prévention et à la lutte contre les bandes de quartiers prévoit des peines sévères pouvant aller jusqu’à la réclusion criminelle à perpétuité lorsque les violences commises entraînent la mort d’une personne. Le texte punit de trois à dix ans de prison toute personne créant, organisant ou rejoignant une bande de quartier, tandis que les chefs et organisateurs encourent des peines allant de dix à vingt ans d’emprisonnement.
Les personnes qui financent ces groupes, les hébergent ou facilitent leurs activités sont également passibles de lourdes sanctions pénales. Au-delà de la répression, la loi accorde une attention particulière à la protection des victimes, à travers une prise en charge sanitaire, psychologique et sociale ainsi que des mécanismes destinés à faciliter leur accès à la justice.
À travers cette nouvelle stratégie, les autorités affichent clairement leur volonté de reprendre le contrôle des espaces urbains confrontés à la violence, de mettre fin aux zones de non-droit et de garantir aux citoyens leur droit fondamental à la sécurité.
Le message est sans équivoque : la lutte contre les bandes de quartiers est désormais érigée en priorité nationale et l’État entend mobiliser tous les moyens nécessaires pour restaurer durablement l’ordre et la quiétude au sein des quartiers.
H.A.
