Ce gigantesque projet s’étend sur 10 000 km, avec un axe principal de 4 500 km reliant Alger à Lagos et plusieurs ramifications stratégiques à travers le continent.
Les travaux de la 77e session du Comité de liaison de la route transsaharienne ont débuté hier à Alger sous la supervision du ministre des Travaux publics et des Infrastructures, Abdelkader Djellaoui, en présence des représentants des pays membresdu Comité, à savoir la Tunisie, le Mali, le Niger, le Nigeria et le Tchad.
Cette rencontre de deux jours, organisée à l’École supérieure de management des travaux publics (ESMTP) de Sidi Abdellah (Alger), est consacrée à l’examen de l’état d’avancement des projets liés à cet important axe routier continental ainsi qu’au renforcement de la coopération entre les pays concernés dans les domaines des infrastructures de transport et de la connectivité régionale.
Dans son allocution d’ouverture, le ministre a souligné que «la route transsaharienne est bien plus qu’une simple infrastructure de transport».
Selon lui, elle constitue «un pilier central pour renforcer l’interconnexion entre les pays africains, soutenir les échanges commerciaux et les investissements, et faciliter la circulation des personnes et des marchandises», contribuant ainsi à la réalisation des objectifs de développement communs et à l’intégration économique du continent.
Il a également estimé que la tenue de cette session traduit
«la volonté de nos pays de renforcer leur coopération» et reflète «une détermination collective à relever les défis et à surmonter les obstacles grâce à un dialogue constructif».
L’engagement renforcé de l’Algérie
Le ministre a mis en avant les efforts consentis par l’Algérie pour accompagner ce projet structurant. Cet engagement s’est notamment traduit par la mise en place d’un réseau intégré d’infrastructures comprenant les réseaux routiers et ferroviaires, les services logistiques, les télécommunications et l’énergie.
Cette dynamique renforce la position de l’Algérie en tant que porte d’entrée vers l’Afrique et plateforme régionale d’échanges et d’intégration économique.
Dans le même contexte, Abdelkader Djellaoui a rappelé que le président de la République avait ordonné, lors d’une réunion du Conseil des ministres tenue en mai dernier, la prise en charge par des entreprises algériennes de deux tronçons restants de la route transsaharienne sur le territoire tchadien. Une décision qui illustre l’implication croissante de l’Algérie dans la concrétisation de ce projet continental.
Accélérer la finalisation des tronçons restants
Le ministre a insisté sur la nécessité de poursuivre la coopération et la coordination entre les États membres afin d’achever les sections encore en chantier dans certains pays.
Il a plaidé pour un renforcement de l’échange d’expertises, de l’assistance technique et des efforts conjoints, estimant que cette démarche permettra d’accélérer le rythme des travaux et d’améliorer l’efficacité globale du projet.
Selon lui, l’achèvement des tronçons restants ouvrira la voie à une nouvelle étape, celle de l’exploitation économique effective de la route transsaharienne.
Un corridor au service de l’intégration africaine
Cette nouvelle phase passera par la création de zones logistiques intégrées, la promotion des investissements et le développement des échanges commerciaux intra-africains, conformément aux objectifs de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf).
L’ambition est de faire de cet axe stratégique un levier de développement, de prospérité et d’intégration économique pour les peuples du continent.
Vers des corridors économiques transfrontaliers
En conclusion, Abdelkader Djellaoui a appelé les pays membres à poursuivre leur collaboration afin de renforcer les liaisons multimodales intercontinentales et de développer les corridors économiques transfrontaliers.
Il a réaffirmé l’engagement de l’Algérie à soutenir les grands projets d’infrastructure à dimension africaine et à œuvrer en faveur d’une coopération renforcée et d’une intégration accrue entre les pays du continent.
S. Smati
