L’institution salue les efforts de diversification engagés par l’Algérie, mais recommande un rééquilibrage des politiques budgétaire et monétaire ainsi que des réformes structurelles destinées à soutenir une croissance durable, davantage portée par le secteur privé.
La délégation du FMI, qui a effectué une mission en Algérie du 16 au 30 juin dans le cadre des consultations au titre de l’article IV, a présenté ses conclusions préliminaires.
À court terme, le FMI recommande une importante consolidation budgétaire, notamment en raison de la détérioration du déficit extérieur, en partie liée à la progression des investissements publics. L’institution estime que le recours au financement monétaire devrait être évité et que la politique monétaire devrait être resserrée si l’inflation continue de s’accélérer.
Parmi les mesures préconisées, figure une meilleure gestion de la liquidité, qui permettrait de rapprocher le taux interbancaire du taux directeur et d’améliorer la transmission de la politique monétaire. Le FMI estime également qu’une plus grande flexibilité du taux de change renforcerait la capacité de l’économie à absorber les chocs extérieurs.
La poursuite des efforts visant à améliorer le fonctionnement du marché officiel des changes, accompagnée d’un dosage plus équilibré des politiques macroéconomiques, contribuerait à renforcer la confiance et à soutenir l’activité du secteur privé.
Des perspectives favorables
À moyen terme, les priorités devraient porter sur le renforcement des cadres budgétaire et monétaire, la réduction de l’interdépendance entre l’État, les entreprises publiques et les banques publiques, ainsi que sur la poursuite des réformes structurelles destinées à favoriser une transition progressive vers une croissance durable tirée par le secteur privé.
Selon le FMI, les perspectives économiques à court terme demeurent globalement positives. La hausse des prix des hydrocarbures continue de soutenir les exportations et les recettes budgétaires. Toutefois, les marges de manœuvre financières de l’État se sont réduites.
Pour renforcer la résilience macroéconomique, l’institution recommande un meilleur équilibre des politiques économiques, reposant notamment sur une consolidation des finances publiques, une politique monétaire axée sur la stabilité des prix et une plus grande flexibilité du taux de change.
Le FMI salue également les efforts de diversification de l’économie algérienne ainsi que la sortie du pays de la liste grise du Gafi, tout en appelant à des réformes plus profondes afin de favoriser une croissance durable portée par le secteur privé.
Croissance soutenue
La croissance devrait atteindre 3,9% en 2025, soutenue par les investissements, malgré une activité modérée dans le secteur des hydrocarbures. L’inflation est repartie à la hausse depuis septembre, tandis que le déficit budgétaire s’est réduit à 10,5% du PIB grâce à l’amélioration des recettes, tout en demeurant élevé.
Les importants besoins de financement ont entraîné une augmentation de la dette publique, qui atteint désormais
52,1% du PIB. Le FMI relève également un assouplissement des conditions monétaires, accompagné d’un recours accru au financement de l’État par la Banque d’Algérie.
Détérioration du compte courant
L’institution exprime, toutefois, ses préoccupations concernant le compte courant, qui s’est fortement détérioré en 2025 sous l’effet de la hausse des importations, stimulée par les investissements publics, et du recul des exportations d’hydrocarbures.
Cette évolution a entraîné une baisse sensible des réserves internationales, qui demeurent, toutefois, proches de 70 milliards de dollars. La prime de change sur le marché parallèle reste également élevée malgré les mesures prises par la Banque d’Algérie.
Le FMI met en garde contre la volatilité des prix des hydrocarbures, les déficits budgétaires persistants et les liens financiers étroits entre l’État, les entreprises publiques et les banques publiques. Il estime qu’un recours prolongé au financement monétaire pourrait compromettre la stabilité des prix.
Accélérer les réformes structurelles
L’institution invite également le gouvernement à réformer progressivement le système des subventions et des aides sociales afin de mieux cibler les populations les plus vulnérables. Elle recommande, en outre, d’améliorer l’efficacité des investissements publics et de réduire les financements accordés aux entreprises publiques non rentables.
Pour diminuer la dépendance aux hydrocarbures, le FMI préconise d’élargir l’assiette fiscale, de limiter les exonérations et d’accélérer la modernisation de l’administration fiscale afin d’accroître les recettes hors hydrocarbures.
Le Fonds recommande également de simplifier les procédures administratives et douanières afin de soutenir le développement du secteur privé et d’améliorer le climat des affaires.
Le message de fin de mission du FMI est sans équivoque : la dépendance aux hydrocarbures demeure la principale source de vulnérabilité de l’économie algérienne. Pour garantir une croissance durable et inclusive, la diversification économique, le renforcement du secteur privé et la poursuite des réformes structurelles constituent désormais des priorités.
H. Adryen
