Par Samir MÉHALLA
Imaginez un funambule ivre marchant sur un câble tendu au-dessus d’un volcan. Maintenant, remplacez le funambule par Donald Trump, le câble par le Proche-Orient et le volcan par une crise nucléaire. C’est l’absurdité tragique de ces dernières semaines.
D’abord, ce coup de théâtre du 15 juin. Trump fixe une date sacro-sainte pour relancer les négociations sur le nucléaire iranien. Les chancelleries retiennent leur souffle. Mais soudain : silence radio. Pendant ce temps, le criminel Netanyahu reçoit un feu vert implicite pour bombarder l’Iran – sans résolution de l’ONU, sans avertissement, comme un braquage à ciel ouvert. Trump regarde ailleurs ? Non : il orchestre le chaos.
Puis ce délire surréaliste : un ultimatum de 14 jours à l’Iran pour «capituler». Chronomètre en main, le monde attend. Mais qui casse le jeu ? Les États-Unis eux-mêmes ! Avant même la fin du compte à rebours, des missiles américains frappent des centrales iraniennes. Le message ? «Mes règles sont du vent – je les change quand ça m’arrange.» Un camouflet historique pour la crédibilité américaine.
Enfin, ce rebondissement digne d’un mauvais thriller : Trump annonce un cessez-le-feu solennel. Suspens… Quelques heures plus tard, les sionistes attaquent encore.
Le président le plus «puissant du monde» est ignoré par son propre allié ! Le génocidaire Netanyahu lui rit au nez comme à un garçon de courses. La superpuissance réduite à un spectateur impuissant : voilà l’héritage de ce bricoleur de l’apocalypse.
Trump n’est pas un joueur de poker. C’est le tricheur qui brûle la table quand il perd. Chaque décision révèle une dérision maladive des institutions internationales, un mépris crasse pour l’équilibre des forces, et une vanité d’enfant gâté qui prend le monde pour son terrain de jeu.
Ses armes favorites ?
– Le mensonge éhonté (l’ultimatum-joker)
– La trahison calculée (les frappes surprises)
– La lâcheté déguisée en fermeté (le cessez-le-feu fantoche)
Résultat : l’Amérique n’est plus un médiateur, mais un pyromane. Ses alliés doutent, ses ennemis ricament, et l’ONU regarde, impuissante, ce cirque où le clown a volé les clés de l’arsenal nucléaire.
Où est-ce qu’il veut en venir ? Mystère. Mais une chose est sûre : chaque gambit de ce «grand stratège» rappelle la sinistre prophétie de Churchill :
«Un fanatique, c’est quelqu’un qui ne peut pas changer d’avis et ne veut pas changer de sujet.»
Et maintenant ? L’Iran accélère son programme nucléaire.
L’Etat sioniste prépare la prochaine frappe.
La Corée du Nord et la Chine observent, le sourire aux lèvres.
Qui trompe-t-on ici ? Ce suicide diplomatique n’est pas une erreur de calcul : c’est la faillite organisée d’une superpuissance. Quand l’histoire jugera cette séquence, elle retiendra que Trump n’a pas juste perdu la main – il a sciemment saboté l’ordre mondial.
S.M.